Je viens de terminer Rien de Janne Teller.

Et je suis bouleversée, stupéfaite, éprouvée, oui ce sont les mots. Car cet ouvrage touche à une, voire à LA, question essentielle : celle du sens de la vie. Pourquoi vit-on ? Et il le fait d’une façon qui vous touche directement au coeur.

« Si c’est si facile de mourir, c’est parce que la mort n’a pas de sens, criait-il. Et si la mort n’a pas de sens, c’est parce que la vie n’a pas de sens. » Voilà ce que crie Pierre Anton du haut de son prunier à ses camarades de classe. Ceux-ci, troublés par ce qu’il met en doute tout l’intérêt de leur future existence, vont essayer de trouver la signification de celle-ci. Chacun va réfléchir à un objet qui donne du sens à sa vie. Et cela va déraper. Car il n’est pas si facile de trouver du sens dans chacune de ses actions.

En 150 pages, c’est un véritable récit de vie que nous propose Janne Teller. Dur, tragique, incompréhensible. Mais elle compense l’impitoyable du contenu du récit par une légéreté, un humour, et surtout un détachement qui pousse à la réflexion.
Un récit surréaliste, philosophique, avec des personnages un peu fous, qui propose également une réflexion sur l’adolescence et l’absurdité dont peut faire preuve parfois la société.

Extrait :

« Si vous vivez jusqu’à 80 ans, vous en aurez passé 30 ans dormir, vous serez allés à l’école et vous aurez fait vos devoirs pendant 9 bonnes années, et travaillé presque 14. Comme vous avez déjà passé 6 ans à être de petits enfants et à jouer, et qu’il vous faudra au moins 12 ans plus tard pour faire le ménage, manger et garder vos enfants, il vous reste tout au plus 9 ans à vivre. […] Et vous avez envie de passer ces neuf ans à faire semblant d’avoir du succès dans une comédie qui ne veut rien dire, quand on peut profiter de ces neuf ans tout de suite ? »

« C’était la vie et rien d’autre. On commençait à comprendre ce que Pierre Anton avait voulu dire. Et on commençait à comprendre pourquoi les adultes étaient comme ils étaient. Et même si on s’était juré de ne jamais en arriver à leur ressembler, c’était précisément ce qui était en train de se passer. Et on n’avait même pas 15 ans. »

 

A propos de l’auteur :

Née en 1964 à Copenhague, Janne Teller à suivi des études d’économie. Elle a travaillé et vécu à New York, Bruxelles, Dar est-Salaam et Paris, où elle vit aujourd’hui. Rien, s’est vendu à plus de 25 000 exemplaires au Danemark et a reçu le prix du meilleur livre jeunesse en 2001 décerné par le Ministère de la Culture…