J’ai beaucoup hésité avant de commenter cette lecture, car exceptionnellement j’ai mis plus d’un mois à le lire, ayant été coupée par les vacances et autres contraintes qui m’empêchaient de transporter ce pavé … Du coup je n’ai pas pu me laisser emporter par la lecture.

Mais finalement il m’a fait beaucoup réfléchir et m’a surtout appris un tas de choses sur l’Angleterre industrielle du 19e, alors que l’on en voit souvent que le côté littéraire avec les romans victoriens. Ici, l’auteur nous propose une incursion dans un autre monde, et pourtant avec le regard d’une héroïne typique des romans victoriens … Vous allez comprendre !

La trame : Margaret Hale, fille de pasteur, a toujours vécu à Helstone, petit paradis sur terre aux yeux de cette héroïne, l’image d’un Sud de l’Angleterre paisible, rural et coloré. Lorsque son père décide de quitter l’Eglise, son monde s’écroule : la famille Hale quitte son presbytère pour s’installer dans le nord du pays, à Milton, ville-symbole de l’industrialisation anglaise, dominée par l’industrie cotonnière.

Petit à petit, on verra Margaret tenter de comprendre ce monde antinomique, et éveiller sa conscience sociale. Finalement, par sa dimension sociale moderne, ce roman se rapproche peut-être davantage d’Autant en emporte le vent que d’Orgueil et préjugés. En tout cas il est un formidable documentaire sur la vie des ouvriers au 19e et de cette tension entre les différentes strates de la société, qui prévalait également en France à la même époque. Un roman universel et un magnifique roman d’apprentissage.

Pour une analyse plus fouillée, je vous renvoie sur le billet des Chroniques d’Isil, qui l’a lu 3 fois. En cela elle a bien raison car ce roman est d’une telle richesse et d’une telle complexité qu’on ne peut tout y saisir en une fois … je le mets dans ma Pile à Relire !