En début de semaine, j’ai fini ce petit ouvrage, roman policier particulier puisque le détective est … Oscar Wilde!
D’abord sceptique, comme toujours, aux essais de faire intervenir des personnages réels, mes premiers doutes ont été abattus quand j’ai su que l’auteur n’était autre que le biographe officiel de Wilde. Donc, ce ne serait pas trop fantaisiste au niveau factuel (comme ont tendance à le faire certains auteurs dont je ne citerai pas le nom ici …)

Et puis je me suis laissée emportée par le texte, et je ne l’ai refermé que quelques heures plus tard, terminé !

La trame est simple : dans les premières pages, nous assistons à un dîner donné par Wilde pour tromper l’ennui d’un dimanche monotone, au cours duquel il lance un jeu : chacun doit écrire le nom d’une personne qu’il souhaiterait voir morte. Or, dès le lendemain, la première personne inscrite meurt …

Au-delà de la trame policière, bien menée (alors que je suis pas fan des livres policiers) c’est surtout le contexte dans lequel il retrace cette enquête qui est intéressant : Wilde, sa famille, ses amis, son travail et la société victorienne de la fin du 19e siècle. Un régal pour tous ceux qui aime la littérature, et, comme moi, Oscar Wilde.

Bref, moins que l’enquête en elle-même c’est surtout la galerie savoureuse de portraits que Brandeth nous offre : un reflet de l’esprit génial, de l’extravagance de Wilde; des doutes de Conan Doyle sur son personnage, etc. Pendant quelques deux cent pages, on est plongé dans un monde littéraire, fait de bons mots et d’esprits brillants.

Et ça fait du bien.

Incursions dans le livre

« N’ambitionnez pas le génie, Willie. Le public britannique est merveilleusement tolérant mais il a ses limites. Il pardonne tout, sauf le génie.

« On ne trouve nulle part autant de vrais sentiments et de mauvais goût que dans un cimetière. »

« Il est enterré au Père-Lachaise.
– Cela ne veut rien dire, rétorqua Oscar d’un ton dédaigneux. On y met n’importe qui. »

« Vous êtes extraordinaire, Oscar.
– Il me plaît de le penser, approuva-t-il d’un ton joyeux. »