Ahhh Zola ! Que c’est bien écrit ! Que c’est profond ! Que c’est documenté ! Que c’est passionnant ! heu bon pour l’instant je suis un peu à court d’adjectifs et pourtant il ne devrait pas en manquer pour qualifier un tel auteur !

Pourquoi j’aime Zola

En réalité, je suis tombée sous le charme de Zola l’année dernière … Pleine d’a priori et de préjugés sur cet auteur, je me suis lancée « courageusement » dans la série des Rougon-Macquart, bien décidée à perséverer dans ma lecture. Et à ma grande surprise, cela a été très simple ! Dès La Fortune des Rougon, je n’ai jamais pu lâcher un Zola avant de l’avoir dévoré, et j’en ressort continuellement sous le choc d’une telle qualité littéraire, d’une telle force.

Certes je n’adhère pas aveuglément à tous ses ouvrages, j’ai par exemple moins apprécié Le Ventre de Paris parce que 20 pages de description des légumes des Halles, c’est un peu long … (même si c’est un vrai tour de force de pouvoir le faire, je préfère quand même quand il décrit la magie de Paris, sa lumière, dans L’Oeuvre)

Bref tout cela pour vous dire que lorsque j’ai vu que L’Oeuvre était au programme du Club des Lectrices, je ne me suis pas fait prier pour attaquer la lecture !

Inutile de revenir sur la biographie de l’auteur, quoique ce serait intéressant car c’est peut-être le roman le plus autobiographique de Zola : si l’on prend en compte qu’il a fait ses études à Aix-en-Provence (heu Plassans désolée), qu’il s’est lié là-bas avec Cézanne et d’autres peintres. Qu’ils se sont ensuite retrouvés à Paris, etc. Bien sûr Sandoz n’est pas Zola, tout comme Claude n’est pas Monet ni Cézanne, en tout cas pas entièrement !

Ce qui m’a plu :

– La modernité de l’écriture

– Le sujet : quoi de plus essentiel et de plus passionnant que la question de la création artistique ? car l’on assiste ici à l’art en train de se faire, à ce qui fait de l’homme un artiste, …

– Une peinture de la société : car si il traite de la question universelle de la création artistique, il s’inscrit surtout profondément dans une époque – ce XIXe siècle que j’aime tant – ce XIXe siècle bourgeois qui méprisait les artistes tout en admirant leurs œuvres (tant qu’elles ne sortent pas des chemins battus.)

– Les types dépeints : le peintre tourmenté, avec qui l’on souffre; la femme passionnée et trompée; l’artiste arriviste; l’écrivain montant; etc.

Ce roman est donc extrêmement riche, on vit passionnément avec les personnages pendant 400 pages. Cependant, pour ma part; j’ai ressenti une rupture dans mon cœur au moment de la mort de Jacques, qui intervient dans la presque indifférence de ses parents : à ce moment-là, je n’ai ressenti que mépris pour Claude qui a tout sacrifié pour rien au final, et qui pour moi, est passé à côté de la vie … A la fin, j’ai finalement vécu sa disparition comme un soulagement …

Pour conclure ce long billet, ce qui m’a frappé à la moitié du livre environ, c’est la diversité des sujets que Zola nous propose d’un livre à l’autre : sur la dizaine que j’ai déjà lu, pas un personnage ne se ressemble, pas une histoire ne part dans la même direction. Certes on peut remarquer une certaine tendance à des fins tragiques, mais elles sont à l’image des types dépeints qui ne peuvent faire autrement, pour vivre leurs passions jusqu’au bout, que de disparaître brutalement, se perdre dans la folie. Comme si l’homme ne pouvait supporter les sentiments qu’il porte en lui. (Évidemment c’est une analyse personnelle, ce que je ressens en lisant ces œuvres et en aucun cas une analyse littéraire professionnelle, dont je serai par ailleurs bien incapable … )

Il va passer dans ma bibliothèque idéale (ou Pile A Relire …) très prochainement ! 🙂