L’auteur : Née en 1947, à Berlin (!), elle est écrivain et romancière. Elle a reçu le Prix Goncourt des Lycéens en 1993 pour Canines et le Grand prix du roman de l’Académie française en 1998 pour Une poignée de gens. Ses romans sont souvent influençés par l’histoire de sa famille.

Le livre : Entre fiction et témoignages, la petite-fille de Mauriac nous retrace la rencontre de ses parents en 1945 dans Berlin dévastée par la guerre, dans un style très simple mais efficace et touchant.

Ce que j’en ai pensé :

C’est un petit compliqué de dire en peu de mots ce que j’ai pensé de ce livre. Déjà il faut prendre en compte que c’est le quatrième roman en peu de temps que je lis sur la Seconde guerre mondiale. J’y suis donc entrée avec une certaine lassitude, même si cela faisait un moment que je voulais le lire. Et finalement j’ai un avis un peu mitigé, quoique tendant vers le positif !

En effet, Anne Wiazemsky parvient à nous tracer un portrait de sa mère comme une femme courageuse, forte, qui s’efforce de vivre par elle-même et pas seulement comme étant « la fille de » François Mauriac. Au final, j’ai été moins touchée par les descriptions de la guerre (même si pour une fois elle y aborde les souffrances des Allemands) que par son combat pour se trouver, exister, sa recherche du bonheur dans cette Europe déchirée et ce malgré les atrocités qu’elle a vécu. J’ai été par exemple également sensible à sa volonté de se détacher du rôle que sa famille voudrait lui voir jouer, c’est-à-dire être une gentille fille qui fasse tapisserie chez eux et qui se marie avec un Français de bonne famille pour avoir des tas d’enfants … Sa vie est finalement un pied-de-nez à tout ceci, et même si Wia n’est peut-être pas l’homme parfait, elle peut être satisfaite d’avoir fait ce qu’elle a voulu. Une magnifique figure de femme finalement.

Un roman intéressant, de facture certes classique, mais tellement humain !

Plongée dans le livre :

« Quand Claire quitta le bureau pour rejoindre son étage, elle avait envie de chanter de joie dans l’escalier : elle venait de rencontrer enfin un homme qui ignorait l’existence de son illustre père et pour qui la littérature, les livres ne comptaient pas. Cette situation si nouvelle l’enchantait. »

 » Claire allume une cigarette. Avec une lucidité glacée elle compare sa famille à celle de Wia. Il ne s’agit pas seulement de deux nationalités différentes, il s’agit de deux mondes qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. »