Je voulais faire un petit article sur cet auteur très peu connu, publié aux Editions Sabine Wespieser (ça vous dit quelque chose ?) car j’ai énormément apprécié ses deux petits ouvrages : Les Bains de Kiraly et De lait et de miel. Pour ne rien enlever à la chose, en plus de la bonne qualité de ses ouvrages, l’auteur, que j’ai rencontré au dernier Salon du Livre, est très sympathique !

Présentation rapide (je vais essayer de ne pas en dire trop car ce sont de petits romans et l’on a vite dévoilé trop de choses …d’ailleurs ne lisez pas le résumé éditeur car elle a tendance à en mettre toujours trop, surtout pour un livre d’une centaine de pages … )

Jean Mattern (présentation de l’éditeur) :

Jean Mattern est né en 1965 dans une famille originaire d’Europe centrale. Il vit à Paris avec sa femme et ses trois enfants et il travaille dans l’édition. Les Bains de Kiraly, son premier roman, a été traduit dans sept langues.

Ses romans

Les Bains de Kiraly (2008) : 

Gabriel a bien tenté de croire au bonheur. Subjugué par Laura, il s’est arrimé à son rire et s’est employé à vivre au présent. Mais du jour où elle lui a annoncé qu’elle attendait un enfant de lui, il a pris la fuite, sans un mot…

Un très beau livre, un peu dérangeant car on a envie de dire au personnage de se secouer, d’arrêter de vivre dans le passé et de rentrer chez lui … Un roman qui se lit en une seule fois, intense et bien écrit. L’écriture comme soulagement, rédemption et recherche de soi-même pour cet homme à qui l’on a caché son histoire. J’en suis sortie secouée.

« Évoquant le désarroi existentiel et sentimental de cet homme fragile livré à lui-même, Jean Mattern écrit avec des accents justes et mesurés un lumineux roman des origines. » (Sabine Wespieser)

De lait et de miel (2010) :

Au premier regard, quand il la rencontre en 1957 à la sortie d’un concert au bénéfice des réfugiés hongrois, le narrateur sait qu’il peut offrir à Zsuzsanna une vie de lait et de miel.

Un roman également très intéressant, extrêmement riche qui repose sur la culpabilité d’un demi-siècle, le sentiment de trahison et de perte qu’un homme a pu ressentir en se séparant d’un ami d’enfance au début de la Seconde guerre mondiale. Il traite également de la difficulté de reconstruire sa vie dans un pays autre que le sien, malgré toute sa volonté de s’y intégrer.

« Dans ce deuxième roman, Jean Mattern construit avec justesse et maîtrise l’histoire intime d’un double exil. Tissant avec une grande subtilité sentiments et sensations diffuses, il donne corps à des personnages d’une émouvante vérité. » (Sabine Wespieser)

On ne peut qu’être subjugués par la capacité de Jean Mattern à nous toucher en si peu de pages, avec des situations originales mais en même temps terriblement humaines.

Bref deux beaux romans que je vous encourage à lire, et que pour ma part je relirai volontiers…