Ouf ! emportée par mes vacances (et par le tgv) j’ai failli oublier que jeudi, c’est poésie ! Alors me voilà pour vous faire redécouvrir aujourd’hui un petit poème sur les chats, par notre ami Baudelaire (écrit en 1847, publié dans Les Fleurs du Mal en 1857).

Je le trouve beau, simple et puissamment évocateur de cet animal mystérieux et fier. Un conseil : récitez ce poème à votre chat, vous verrez que la description lui va comme un gant …

Les Chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Bon jeudi !