L’auteur

D’origine écossaise, Kenneth Grahame (1859-1932) est l’un des auteurs les plus connus dans le monde anglo-saxon (beaucoup moins en France) alors qu’il n’a que très peu écrit, à part deux contes autobiographiques et … Le vent dans les saules, un pur chef d’œuvre qui a été adapté en série, en animé, etc. En parallèle, Kenneth Grahame a travaillé toute sa vie à la Banque d’Angleterre.

Le livre

C’est un classique de la littérature pour enfants, écrit à l’origine pour son fils qui partageait l’entêtement de Crapaud, un des quatre protagonistes de cette histoire, et non le moindre ! Ce conte magique nous parle d’une nature verdoyante et belle, d’animaux doués de paroles, très anthropomorphes, qui vivent des aventures dignes des Mousquetaires de Dumas ou du Don Quichotte de Cervantès. Nous suivons donc Crapaud, Rat, Taupe et Blaireau dans leur vie « tranquille » d’une petite vallée dotée d’une rivière et d’une forêt où une magnifique amitié va se construire.

Mes impressions

C’est un roman que j’ai ouvert avec une grande curiosité car on me l’avait conseillé il y a longtemps déjà et que j’étais intriguée par cet ouvrage jeunesse du XIXe par un auteur si peu connu en France.

Et je n’ai pas été déçue

Des personnages attachants et drôles; une écriture belle, simple et fraîche; une technique narrative maîtrisée qui tient en haleine tout en faisant rire; une poésie qui imprègne chaque phrase de ce roman. L’auteur réussit le tour de force de retirer toute la poésie d’une petite portion du territoire anglais, d’en restituer la musique, de la rendre magique et de nous y faire voyager à chaque lecture… Sans vouloir être moraliste, il aborde des thèmes essentiels d’une manière subtile, afin que ceux-ci apparaissent aux enfants comme des évidences : la force de l’amour du foyer, l’amitié surtout, le goût du voyage, l’importance de la poésie, etc.

Au départ, j’ai été un peu déboussolée car l’auteur dépeint le monde que nous connaissons, les animaux anthropomorphes cohabitant avec les humains, au milieu d’eux, vivant comme eux d’ailleurs. Et puis au final je me suis habituée et j’ai été totalement conquise …

C’est finalement un savant mélange entre les Fables de la Fontaine (le langage poétique n’étant pas absent) et les Trois mousquetaires ! et un mélange sacrément réussi !

Je ne peux que vous inviter à le découvrir pour vous-même et sans hésiter à le lire ou à le mettre entre les mains de vos enfants … A lire et à relire !

Incursions dans le livre

« Nous autres, les humains, qui avons perdu depuis longtemps le plus subtil des sens, nous n’avons pas de terme adéquat pour traduire les liens qu’entretiennent les animaux avec le monde qui les entoure, qu’il soit animé ou non. »

« En réalité, une grande partie de ce qu’il débita appartenait à la catégorie des choses-qui-auraient-pu-arriver-si-j’avais-eu-de-la-présence-d’esprit-au-lieu-d’y-penser-dix-minutes-après. Ce sont elles qui pimentent les aventures. Et si nous les avons imaginées, pourquoi ne seraient-elles pas vraies, au même titre que bien des choses, inappropriées, qui se sont réellement produites? »

La Bande Dessinée

Pour rajouter au plaisir, le roman a été adapté en bande dessinée entre 1997 et 2001 aux éditions Delcourt par Michel Plessix. C’est une adaptation extrêmement fidèle (au mot près), ce qui m’a beaucoup intéressé car j’aime comparer les différentes versions d’un même texte. J’ai donc été agréablement surprise par la retranscription scrupuleuse du roman dont a fait preuve Michel Plessix. A cela s’ajoute, ce qui n’enlève rien, des illustrations de grande qualité qui contribuent à donner plus de profondeur et de richesse à l’univers du roman.