L’auteur

Né en 1949, il est titulaire d’une licence de Lettres classiques et d’une maîtrise d’études théâtrales. Professeur de Lettres Classiques, l’auteur commença par écrire du théâtre pour Théâtre Ouvert, puis pour France Culture, qui diffusa également ses feuilletons radiophoniques. Il obtient le Grand prix de littérature policière en 1989 pour Billard à l’étage.

Effroyables Jardins, paru en septembre 2000 aux éditions Joëlle Losfeld, est son roman le plus connu, adapté au cinema par Jean Becker en 2003 et de nombreuses fois porté au théâtre.

Le livre

Dans ce roman très court, le narrateur, enfant, nous parle de son père, honnête instituteur, dont il a honte car il donne des spectacles de clowns dès qu’il le peut. Un jour, son oncle lui explique pourquoi, en revenant sur un épisode tragi-comique de la Seconde guerre mondiale.

Ce que j’en ai pensé

J’avais adoré le film, dur, avec des moments comiques, et extrêmement bien joué. Du coup, j’ai été déçue par le livre. Je n’ai pas du tout aimé le style de l’auteur, démesurément vulgaire d’après moi, et peu littéraire. L’histoire est également un peu trop rapide, on a du mal à accrocher, même si l’auteur souhaitait sûrement donner un instantané d’un événement. Bien entendu les thèmes évoqués, qui m’avaient beaucoup plu, sont les mêmes : la guerre, le rejet des origines (notamment du père), la force des liens familiaux, le travail de la mémoire, les actions héroïques en temps de guerre, et la dérision.

Mais le seul intérêt que j’ai vu au livre est que la fin est différente de celle du film. Dans ce dernier, le clown est tué à la fin par les soldats allemands. Ce n’est pas le cas dans le livre puisque les confidences de l’oncle sont déclenchées par un film que toute la famille va voir, et réalisé justement par le clown soldat. Je trouve ce changement dans la fin un peu dommage car cela rajoute inutilement du tragique dans le film.

D’un autre côté, dans le livre, le personnage du clown-soldat est beaucoup plus profond. Il n’est pas juste là pour les faire rire mais explique pourquoi il les aide : il se reconnaît comme une part de l’humanité et refuse de collaborer avec le mal, même s’il est dans le « mauvais » camp …

En conclusion, c’est rare, mais pour le coup j’ai préféré un film au roman dont il est tiré ! D’après moi, les acteurs ont donné plus de profondeur à l’histoire, nous ont offert plus d’émotions que ce petit livre lu en 1h et qui m’a laissé déçue …

Incursion dans le texte

« Consentir à autrui le pouvoir de vie et de mort sur soi, ou se croire si au-dessus de tout qu’on puisse décider du prix de telle ou telle vie, c’est quitter toute dignité et laisser le mal devenir une valeur. »
 

Lettre Q