Dans les prochains épisodes sur les bibliothèques anglaises, je vais expliquer en quoi les bibliothèques anglaises sont si différentes des bibliothèques françaises, et en quoi cela fait d’elles des bibliothèques du troisième lieu (définition ici). Pour cela je vais évoquer un certain nombre d’exemples concrets et d’événements auxquels j’ai assisté, qui peuvent inspirer les bibliothécaires français …

Des bibliothèques dédiées à la vie sociale et ouvertes à la diversité des pratiques

Les bibliothèques sont des lieux pleins de vie, ouverts à tous sans distinction ni discrimination, où toutes les opinions sont exprimées librement.

L’exemple le plus parlant est celui du développement des groupes de lecture. A partir du concept national « bookchat« , une centaine de groupes de lecture (ou d’écoute de livres) ont été créés pour tous les âges. Pour cela, les bibliothèques produisent une liste tous les ans avec des suggestions de livres – environ deux-cent – dont elles peuvent se procurer plusieurs exemplaires de chaque. Les groupes se constituent à l’extérieur de la bibliothèque, souvent avec les conseils des professionnels pour leur fonctionnement, et le plus souvent ils se réunissent à domicile. Ils choisissent donc dans la liste les ouvrages qu’ils veulent lire durant l’année, à raison souvent d’un livre tous les mois ou tous les deux mois. Les emprunts de ces sets de livres seront gratuits, à travers un responsable du groupe qui les prend sur sa carte de bibliothèque. L’idée étant donc de discuter de ces ouvrages lors de réunions régulières. Les bibliothécaires regrettent seulement que les groupes ne leur fasse pas passer assez d’informations pour les nouveaux arrivants qui souhaiteraient se joindre à eux.

Les bibliothèques sont donc bien ici les stimulateurs de rencontres, en rendant possible la création des groupes grâce à leurs conseils et aux prêts des livres.

L’événement « Between the covers » est également très révélateur de ce rôle d’une bibliothèque au service du développement de la vie sociale. Le principe est original : lors de réunions d’associations ou de conférences dans la bibliothèque, des membres du personnel, assistants ou bibliothécaires, peuvent intervenir et parler de livres, avec des informations sur les auteurs et le contexte. Lors d’événements spéciaux, les organisateurs ont même la possibilité de définir des thèmes, ou des auteurs dont ils souhaitent entendre parler.

L’idée aussi de créer un « diversity group » va également dans ce sens. Avec l’aide du Centre pour enfants de Chesterfield, un temps de rencontre a été mis en place, pour permettre à des familles de se rencontrer autour d’activités manuelles, tout en améliorant leur anglais. Destiné évidemment aux nouveaux arrivants, ce groupe est l’occasion pour certains d’entre eux de sortir de leur isolement, de parler, de s’intégrer, de rencontrer des gens différents, tout en s’amusant.

Mais si les bibliothèques sont là pour promouvoir les rencontres et la vie sociale du public qu’elles desservent, elles sont aussi là pour reconnaître la diversité de ce dernier. Ainsi, elles mettent à disposition aussi bien des salles de travail de groupes que des cabines individuelles d’étude, isolées du bruit des salles principales.

Episode 1 : contexte et définition

Episode 2 : actualité des bibliothèques anglaises