Quand je suis tombée sur le concours proposée par Blanche, je me suis dit : il faut que j’écrive quelque chose ! Il fallait écrire sur la place de la lecture dans sa vie. Puis j’ai lu tous les articles écrits et je me suis demandée comment ne pas répéter encore et encore les mêmes choses : j’ai commencé à dévorer les livres quand j’étais toute petite, je n’ai jamais arrêté, les livres sont une part essentielle de ma vie … toutes choses qui sont vraies, certes (et magnifiquement évoqué par les différentes blogueuses) ! Mais encore ? N’as t-on pas déjà tout écrit sur la lecture ? Alors je vous propose ici un texte un petit peu différent, le récit d’une aventure qui m’est arrivée. 

Je me trouvais un matin dans le RER (rien de plus prosaïque que le RER, d’ailleurs tiens, c’était le RER A, histoire d’être précise). J’attendais, les yeux perdus sur les lapins qui folâtrent tous les matins au bord des voies, que le train veuille bien démarrer pour m’emporter vers la Capitale et une passionnante journée de travail.

Encore un peu assommée par un lever rapide et par le froid mordant d’un matin d’octobre, je rêvais de mon lit chaud et j’oubliais ce qui m’entourait. Quand soudain un bruit me réveilla : un dragon, tout chaussé et vêtu, venait d’entrer dans le wagon. Il tenait un livre dans la main, et tranquillement, il s’assit en face de moi. Bien évidemment, les gens le regardèrent cinq minutes, puis comme c’était des Français, et des Parisiens, de surcroît, et que rien ne les étonnaient, ils l’oublièrent bien vite et retombèrent dans leurs propres pensées. Mais moi, petite provinciale fraîchement montée à Paris, je restais estomaquée face à cette extraordinaire apparition. Le dragon, remarquant mes yeux écarquillés, me sourit et se présenta : Hildegunst Taillemythes, enchanté. Moi, polie, je me présentais à mon tour, et lui posai la question qui me brûlais les lèvres depuis son entrée :

– Que faites-vous ici Mr Taillemythes ? Venez-vous voir la Tour Eiffel ?

– Oh noooon, me répondit-il. En réalité, je cherchais un guide pour me faire visiter les différents lieux où l’on peut trouver des livres à Paris. On m’a dit que c’était la capitale de la culture et que si je cherchais un écrivain, je le trouverai ici.

– Ah malheureusement, cela fait longtemps que nous n’avons plus vraiment de vrais écrivains ici … mais je peux quand même vous aider je pense ! Si vous cherchez une information sur un écrivain, elle ne peut être qu’à la Bibliothèque nationale de France. Qui est ce mystérieux auteur qui a pu vous inciter à franchir les portes de notre monde ?

– Je ne sais pas, j’ai trouvé un de ses textes par hasard, un chef d’oeuvre, qui m’a ôté pour jamais l’envie d’écrire quoi que ce soit de moins bon … Depuis, j’ai appris qu’il était parti à la capitale !

– Ahhhh, mais vous voulez sûrement parler de la capitale de votre monde, Bouquinbourg, où il y a davantage de librairies que de restaurants et où les catacombes regorgent de mystères et de dangers ? Vous n’y êtes pas déjà allé ?

– Heuuu, non en fait … Voilà : j’ai préféré m’arrêter à Paris d’abord, histoire de faire un peu de tourisme et de me détendre avant d’affronter les dangers de Bouquinbourg. Mais pour me couvrir, je dis que je cherche encore l’auteur …

– Et bien il fallait le dire tout de suite !

Voilà comment j’ai emmené Hildegunst Taillemythes sur la Tour Eiffel, au Moulin Rouge, à la BnF (quand même) et dans tous les lieux importants ou insolites de Paris. Car même les dragons ont le droit d’avoir des vacances, non ?

A ce moment-là, le train démarra et je repris le livre que j’avais arrêté la veille en arrivant chez moi, recommençant ma lecture là où je m’étais arrêté. Ne vous êtes-vous jamais demandés ce que faisaient les personnages des romans quand on ne les lit pas ?

Voilà ce qu’est la lecture pour moi, dans ma vie.

Le célèbre Hildegunst Taillemythes