L’auteur

Henrik Ibsen (1828-1906) est né en Norvège. Il publie sa première pièce en 1848, sous son pseudonyme Brunjolf Bjarme, mais il faudra attendre longtemps pour que ce nouvel auteur, au style particulier, soit reconnu. C’est à partir de Brand, une pièce destinée à la lecture, qu’il commence à connaître un certain succès, renforcé l’année suivante par la publication de Peer Gynt, en 1867. Enfin, avec son drame social, Une maison de poupée en 1879, il triomphe internationalement. Ses pièces suivantes consolideront sa renommée, malgré les critiques sévères contre Les Revenants, qui aborde des thèmes tabous (l’inceste, les maladies vénériennes).

Le livre

Cette pièce est souvent considérée comme l’oeuvre fondamentale d’Ibsen, écrite à partir de contes norvégiens. Mais c’est une pièce d’aventures avant tout, celles d’un homme, Peer Gynt, à la recherche de sa propre identité.

Ce que j’en ai pensé

Il est difficile de dire exactement ce que j’ai pensé de cette pièce. Pour une fois, dire « je l’ai aimé », « je ne l’ai pas aimé », n’aurait pas vraiment de sens. Elle fait partie de cette littérature universelle où l’on se dit « oui c’est vrai », de celle qui change une vie de lecteur, qui fait voir la vie autrement.

Dans cette histoire fantastique, le personnage principal, Peer Gynt, n’est pas accepté par la société où il se trouve : on se moque de lui, de ses mensonges et de ses extravagances. Certes, son comportement n’arrange pas les choses : il a la mauvaise habitude de raconter ses aventures en réutilisant de vieux mythes qu’inéluctablement ses auditeurs reconnaissent à la fin … Mais on a l’impression qu’il est simplement inadapté à son environnement. C’est un doux rêveur. D’ailleurs il est bien plus à l’aise dans les aventures féériques qu’il vit, ou dit vivre … Cependant, son caractère prétentieux empêche réellement le lecteur d’être peiné pour lui, de s’y attacher. Mais au final, c’est bien de la pitié, et un certain malaise que l’on ressent lorsque l’on prend conscience qu’il a parcouru le monde entier à la recherche de son identité … Une quête qui s’avère vaine, puisqu’il persiste à fuir la réalité et à vivre dans son propre univers, rempli de mensonges.

« Sais-tu ce que c’est de vivre ? […] C’est se laisser porter par le fleuve du Temps sans se mouiller les pieds, et sans se perdre soi-même. »

Je ne vous dévoilerai pas la fin, mais je peux vous dire qu’elle m’a profondément bouleversée et m’a poussé à relire ce texte … Un classique à découvrir.

Incursions dans le texte

« On ne doit pas lire pour engloutir, mais pour voir si ça peut servir. »

« Nous sommes les pensées / que tu aurais dû penser – / et nous donner de quoi marcher / tu aurais dû tu aurais dû » . Peer Gynt : « La vie un jour je l’ai donnée / du beau gâchis, un estropié ! »