Un poème d’amour aujourd’hui, le plus célèbre de Louis Labé qui décrit parfaitement, à mon sens, les émotions extrêmes ressenties lorsqu’on aime …

Originaire de Lyon, d’origine bourgeoise, Louise Labé est une femme atypique puisqu’elle est maître d’armes et fréquente les salons ! Surnommée « La Belle Cordière » (son père avait épousé la veuve d’un cordier), elle est une femme parfaite de la Renaissance (elle fera partie de « l’école lyonnaise »). Dans un temps où les livres étaient rares et précieux, elle eut une bibliothèque composée des meilleurs ouvrages grecs, latins, italiens, espagnols et français. A cette époque, la production poétique était intense : Louise Labé est contemporaine de Du Bellay et de Ronsard.

Son œuvre est finalement très mince (662 vers) : elle se compose d’un Débat de Folie et d’Amour, de trois Élégies et de vingt-quatre sonnets, lesquels expriment les tourments féminins de la passion.

D’influence pétrarquiste, ce sonnet passe de la poésie lyrique à la poésie élégiaque en quelques vers.

Louise Labé (1524-1566)

Élégies et sonnets (1545-1555)

Je vis, je meurs: je me brule et me noie,
J’ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m’est et trop molle et trop dure,
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure;
Mon bien s’en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.