L’auteur

Né en 1965, Marc Lepape enseigne le français. Vasilsca était son premier roman, pour lequel il a reçu de nombreux prix. Il a publié son deuxième roman, En un point donné, uniquement sur Internet sur son blog.

Le livre

L’ingénieur hydrographique Erraink part pour une île lointaine, la Sélébie, afin d’établir un système d’irrigation dans une vallée mystérieuse, l’Onk. Dans la vallée elle-même, Ilnah se retrouve abandonnée et isolée de son propre peuple après la décision de son frère de devenir stylite. Mensonges, non-dits, mystère peuplent ce roman surprenant.

Ce que j’en ai pensé

Sans aucun problème pour rentrer dans ce roman, j’ai de nouveau été happée par l’écriture efficace et poétique de Marc Lepape. Et puis, comme il l’avait lui-même prévu, j’ai été surprise ! Complètement différent de Vasilsca qui s’ancrait dans la cruelle réalité du deuil, ce récit nous transporte dans un autre monde, celui des Onkiens qui vivent à l’abri des assauts de la civilisation (mais au final, n’est-ce pas le même type de monde que le héros de Vasilsca trouve dans la vallée roumaine ?)

Mais je ne veux pas aller plus loin dans les parallèles entre ces deux œuvres, et me concentrer sur celui qui est l’objet de mon article … Marc Lepape nous y dépeint l’évolution de deux individus qui dépassent leur passé chacun à leur façon, à travers l’amour et la compréhension mutuelle. Mais aussi le dur affrontement entre la vallée « merveilleuse » et le monde extérieur.

Bref, j’ai eu l’impression, le temps de la lecture, de vivre dans cette vallée et de côtoyer intimement Erraink et Ilnah. Leur humanité, leur proximité avec la nature, la pureté de leurs sentiments, leurs doutes aussi, en font des personnages très attachants et profonds. Mais n’allez pas vous imaginer que c’est un monde idyllique que celui de l’Onk ! Au contraire ! Et c’est justement le contraste entre la première et la deuxième partie, avec la violence qui va se déchaîner dans le ciel onkien qui en fait un magnifique roman.

Seul bémol : la fin a été un peu gâchée car je ne suis pas sûre d’avoir bien compris le sens de la dernière phrase … ce qui n’enlève rien au reste de l’œuvre (enfin j’espère …) !  Ou alors cela préfigure une suite ? (hypothèses hypothèses …).

Au final, je ne crains qu’une chose, c’est que la publication de ce roman uniquement sur Internet ne réduise le lectorat potentiel de cette oeuvre originale …

Une petite phrase qui m’a frappé

« vous ne vous êtes pas trompé mais je ne l’avais jamais formulé ainsi. C’est comme si vous aviez éclairé mon propre travail, comme si vous me l’enleviez un peu également. Il vous est déjà arrivé d’entendre quelqu’un exprimer à la perfection quelque chose qui était confusément en vous et qui n’avait jamais réussi à franchir vos lèvres ? »