Comme j’ai une humeur de chien aujourd’hui, c’est l’occasion de vous parler de ce petit roman humoristique que j’ai découvert la semaine dernière…

Le livre

Churchill évoquait souvent « un chien noir qui pèse sur mon épaule » pour parler de sa dépression. Ici, il s’apprête à prendre sa retraite et Rebecca Hunt met en scène un vrai chien qui personnalise cette dépression : il le suit partout, s’assied sur son estomac, le stresse et gâche tout. Ce chien, énorme, monstrueux, baveux, s’installe aussi par la même occasion chez une jeune bibliothécaire, Esther, dont le mari est décédé quelques années auparavant. Si pour Churchill le combat est déjà perdu d’avance, nous suivons Esther dans sa lutte contre la dépression, évoquée très finement et pudiquement sous la forme de ce chien qui envahit petit à petit son espace vital et s’immisce dans tous les aspects de sa vie.

Ce que j’en ai pensé

A première vue très déconcertant, c’est un livre dans lequel je me suis laissée emportée avec réticence : tout au long de cette lecture, je n’ai pu abdiquer d’un certain dégoût face à ce chien au comportement si horrible. Ce qui sauve ce roman, c’est finalement cet humour noir anglais si particulier.

Car c’est surtout une leçon de vie qui traite d’un sujet grave, la dépression, à travers la lutte d’Esther face à la « séduction » de ce chien qui veut obscurcir toute joie et optimisme. Et l’humour de la situation contrebalance la réalité représentée par le chien. Par exemple, on peut rire quand on lit qu’Esther gratte le chien derrière l’oreille et que celui-ci « ronronne », mais en réalité, si on y réfléchit, l’image est simplement celle du personnage s’enfonçant de plus en plus dans la noirceur de la dépression.

C’est donc un petit roman original, le premier de Rebecca Hunt, qui m’a cependant beaucoup gêné, non pas par son style, mais bien par le thème abordé, et la manière dont elle le fait.