L’auteur

Christine Machureau se définit elle-même comme « rêveuse et voyageuse, « passionnée d’Histoire et d’histoires ». 

(Présentation de l’éditeur) Née en 1946, nourrie à la bouillie américaine, des études classiques, une tentative de faculté de pharmacie, et déjà deux romans de publiés, par Numeriklivres, en 100% numérique.

Elle a vécu pendant huit ans, huit ans de parenthèse, huit ans de silence, seulement troublés par le ressac de la barrière de corail, sur une île au milieu du Pacifique Sud, au sein d’une ethnie, les Maoris, qui vécurent isolés du monde pendant plus de mille ans. Rattrapés par le vingtième siècle, ils durent, en cent cinquante ans, échanger les pirogues contre des 4X4 japonais. La distorsion écartelante entre l’âge du coquillage et celui du frigo américain a créé une société qui échappe à notre logique, parfois même à notre entendement. Il faut donc de l’humilité pour aborder ces populations et de l’affection pour les comprendre.

Le livre

L’histoire de Manihi, une jeune polynésienne, qui tombe enceinte à 17 ans et décide de garder ses jumeaux contre l’avis de sa famille qui veulent la voir avorter ou pratiquer le faamu, c’est-à-dire les donner à une autre famille qui ne peut en avoir. Ou la lutte d’une jeune fille pour acquérir liberté et reconnaissance au sein d’une famille bousculée dans ses traditions par les volontés d’indépendance de Mahini.

Ce que j’en pense

Un petit roman bien sympathique, par une écriture très poétique qui m’a pleinement immergée au sein de ce monde très peu connu. Christine Machureau nous fait voyager avec une grande efficacité dans cette île qui a vécu si longtemps à l’écart du reste du monde et dont le choc avec la modernité a ébranlé toutes les structures sociales.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que l’auteur a évité tous les clichés touristiques habituels des guirlandes de fleurs et d’une vie proche de la nature, pour préférer une chronique bien plus intéressante et plus réaliste sur la vie quotidienne des habitants, et nous éclairer sur le fonctionnement de cette société îlienne.

Au-delà d’une simple peinture sociale, c’est également l’évocation d’une dure mais belle histoire de famille. Sur ce point, on peut seulement peut-être regretter que le roman ne soit pas plus long. Autant elle passe du temps à poser le décor, à nous introduire les personnages; autant les événements finaux se déroulent trop rapidement, comme si l’histoire en elle-même ne comptait pas et qu’elle n’avait qu’une hâte, terminer le livre. Je me serai pourtant volontiers laissée portée pendant quelques pages supplémentaires.

Au final, c’est un bon roman, qui fait voyager et dépayse, et comme c’est l’un des points importants pour moi dans la lecture. Il a donc en grande partie comblé mes attentes et, séduite par l’écriture de Christine Machureau, je vais essayer de me procurer son deuxième roman …

Incursions dans le livre

« Il lui semblait que les mots en mahoï possédaient plus de force, plus d’absolu »

« Voilà … c’est tout ce qu’elle voulait Manihi. Un peu de considération. maintenant, la vie va lui sourire. »