Prenez garde, vous qui écrivez dans ce cahier,
Prenez garde aux histoires que vous commencez
Car chaque histoire qui posséde un commencement
Pourrais bien avoir une suite et un dénouement
 
Pensez également, avant d’écrire pour de bon
Que si au jour succède immanquablement la nuit
Tous les débuts d’histoires ne font pas de bons récits
Certains y parviennent, d’autres non.
 
Que ce livre rende son jugement souverain
Pour dire si et comment l’histoire prendra fin.
 

L’auteur

Kristin Kladstrup a grandi à Sioux City, Iowa, aux Etats-Unis. Le livre des débuts d’histoires est son premier roman.

Le livre

En 1914, Oscar trouve un cahier vierge intitulé « le livre des débuts d’histoire » et dont la première page avertit des dangers de commencer des histoires puisque l’on ne peut jamais être sûr de la fin ..

Oscar décide quand même d’y écrire et commence une histoire dans laquelle un enfant, qui lui ressemble beaucoup, part à l’aventure sur une mer imaginaire survenue en plein Iowa. Oscar disparaît. De nos jours, sa petite-nièce retrouve le livre et part à la recherche de son oncle. C’est le début d’une grande aventure magique.

Ce que j’en pensé

Pourquoi pas. Très accessible pour les enfants, c’est une histoire complètement délirante dont le point de départ (le livre) est très bien trouvé. Les enfants sont attachants, les aventures sont drôles, pleines de péripéties. La fin est intéressante, au-delà des clichés habituels des livres pour enfants.

La réflexion sur le thème du temps qui passe à travers l’adaptation d’Oscar au XXe siècle est intéressante, est une bonne introduction à la thématique historique du progrès.

De même, il y a une ébauche d’interrogation sur la création des histoires, et la relation des personnages à leur auteur. Oscar a créé un début d’histoire, avec une île sur laquelle le roi aime les chats et la reine les oiseaux. Ils ne peuvent donc pas s’entendre. Le petit garçon va découvrir que si les personnages semblent vivre une vie propre, ils sont cependant enchaînés par les mots de l’auteur et condamnés à ne jamais s’entendre, malgré tous les efforts d’Oscar. Ce questionnement sur la création littéraire est plutôt rigolote mais interroge aussi plus profondément la complexité du travail d’écriture, et l’importance de chaque mot, de chaque situation créée et l’impact important qu’ils vont avoir sur tout le récit.

Mais selon moi, ce n’est pas le livre du siècle : il lui manque un petit quelque chose, un peu de piquant peut-être, une histoire moins linéaire, plus creusée.

Cependant, cela reste, je pense, une bonne lecture pour les enfants vers 10 ans, pour un agréable moment d’évasion.

Lettre K – 6/26 !