Mon nom est Anna

Je ne devrais pas être là

Je ne devrais même pas exister

Et pourtant j’existe

L’auteur

Gemma Malley naît en 1972 en Angleterre. Elle étudie la philosophie à l’université de Reading puis devient journaliste, mais se lasse vite des petits articles. Elle rédige alors son premier roman, « The declaration. Anna’s Story« , publié à Londres en 2007. Ce livre est traduit en français et publié la même année en France, et a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2009. Il est suivi de deux autres tomes, La résistance et La révélation.

Le livre

Angleterre, 2140. Les adultes peuvent choisir de ne plus mourir s’ils renoncent à faire des enfants. Anna vit depuis presque toujours au Foyer de Grange Hal, un pensionnat pour les Surplus, des enfants qui n’auraient pas dû naître et dont les parents ont défié la loi en les mettant au monde. Anna n’a plus de parents désormais. Confinée dans l’enceinte du pensionnat, elle travaille très dur, pour effacer leur faute. Anna a tout oublié de son passé. Jusqu’au jour où arrive un jeune garçon qui semble la connaître. Mais qui est ce Peter ? Pourquoi ne la laisse-t-il pas tranquille ? Et pourquoi elle, Anna, se sent-elle soudain si troublée ?

Ce que j’en pense

C’est un roman qui se dévore littéralement en quelques heures. D’une écriture fluide, sans difficultés majeures, c’est une œuvre jeunesse qui peut cependant très bien satisfaire des lecteurs adultes par une histoire bien construite.

Véritablement inscrit dans le genre dystopique, ce premier tome d’une trilogie, s’il ne m’a pas transcendé par sa forme, m’a envouté par son thème. Ce monde est tout simplement effrayant : un monde où la vieillesse n’existe plus, où les jeunes ne sont plus qu’une petite minorité, ce qui donne un univers complètement sclérosé, frileux, contre toute sorte de changement qui mettrait en jeu leur confort et leur assurance de ne jamais mourir.

Un monde qui prend en chasse tous les gens qui, égoïstes, violent la loi en mettant illégalement au monde des enfants, en faisant des « surplus » qui n’ont pas leur place dans la société (« Rien de ce qui est bon dans ce monde n’existe pour toi ! »). La seule solution pour y avoir le droit est de renoncer à sa propre immortalité. Une vie contre une vie. Mais des gens se révoltent contre cet état de fait, affirmant que « la Nature n’a pas vocation à préserver les vieilles choses mais à en créer sans cesse de nouvelles. Des vies nouvelles. Des idées nouvelles. »

Ce que l’on peut reprocher à ce roman c’est de n’être pas assez creusé : on ne sait finalement que peu de choses sur le monde extérieur, à la manière d’Anna qui est isolée dans Grange Hall. Seules les pilules de longévité sont évoquées. C’est une intrigue un peu légère au final, qui aurait demandé un peu plus de profondeur. Certes il y a beaucoup d’humanité dans ce texte, on a le cœur serré par l’aventure d’Anna. Mais le thème choisi était extrêmement riche et l’on peut regretter qu’il ne soit davantage développé. Enfin, le dénouement, un peu rapide, plein de bons sentiments, m’a laissé sur ma faim.

J’attends de lire les tomes suivants …