Hier, en surfant sur les blogs, j’ai découvert une initiative fort intéressante : Le blog Les agents littéraires.

Cette découverte est intervenue à un moment où je me posais des questions sur mes lectures. En effet, j’ai parfois l’impression de lire les mêmes livres que tout le monde, d’être incapable de faire de vraies découvertes, de faire de la publicité pour des livres qui n’en ont pas vraiment besoin.

Or cette initiative, que peut-être beaucoup d’entre vous connaissent, je ne sais pas, vise justement à défendre des livres qui ont été peu médiatisés et qui méritent de l’être un peu plus. Pour la plupart d’entre eux, ces livres ont été publiés par des petites maisons d’édition, qui font sûrement un travail formidable mais n’ont pas les moyens techniques et financiers d’assurer une promotion suivie et conséquente de leurs livres.

C’est face à ce constat que deux personnes, deux passionnés de livres, Vincent Beghin et Emmanuel Pierrat, ont lancé leur projet en mars 2011, visant à maintenir une véritable diversité éditoriale en France. Le fonctionnement du blog ?

Ce sont désormais quelques 200 blogueurs qui participent quotidiennement à la défense de cette diversité. Ils reçoivent des livres correspondant à leurs goûts et profil, et s’engagent à en publier une critique assez rapidement. Pour les lecteurs blogueurs, c’est l’occasion pour eux d’élargir leurs horizons de lecture, et pour les auteurs, l’opportunité de se faire connaître.

Cette iniatitive prend en considération la force que sont désormais les blogs littéraires, dont certains ont une valeur prescriptive très forte, et qui sont davantage consultés que les chroniques de critiques professionnelles.

Convaincue immédiatement du bien fondé de leur démarche, même si elle peut paraître dérisoire ou vaine, il me semble que cela vaut la peine d’essayer, même si cela n’aura pour impact que de faire vendre un ou deux exemplaires de plus. Le soutien moral de lecteurs peut être extrêmement important pour des auteurs découragés par le peu d’impact d’ouvrages qu’ils ont portés pendant des mois et pas forcément avec moins de soin que les grands auteurs primés qui n’ont qu’à tendre leurs manuscrits pour que les éditeurs se les arrachent…

Participons à la défense de livres différents ! Défendons la diversité éditoriale française !

Une goutte d’eau … qui peut pourtant valoir son pesant d’or dans un désert …

Pour finir, je vous colle une partie de l’argumentaire des gestionnaires du projet :

« Parce que nous croyons en l’importance de maintenir, en France, une vraie diversité de l’offre éditoriale. En effet, nous avons la chance de bénéficier d’un tissu dense d’éditeurs indépendants (plusieurs centaines), attachés à jouer le rôle de découvreurs de talents, à tenter des aventures intellectuelles, à contribuer aux débats d’idées. C’est grâce à eux que voient le jour des livres de qualité/ originaux/ hors normes et, souvent, que sont édités pour la première fois les auteurs de demain.

Or, cette bibliodiversité, qui joue un rôle éditorial si important, est aujourd’hui menacée. Parce que la tendance actuelle, dans le monde de l’édition, est à la concentration financière et à la domination de quelques grands groupes éditoriaux, qui privilégient la démarche commerciale à la qualité éditoriale. Et, parallèlement, en raison de la difficulté qu’ont les petits éditeurs à faire connaître leur production, à trouver leur place dans les rayons des librairies et, plus généralement, à conquérir et à fidéliser un lectorat. »