Je remercie chaleureusement Babelio et les Editions Salvator pour l’envoi de cet album, adaptation d’un conte d’un de mes auteurs préférés.

L’auteur

Oscar Wilde (1854-1900) n’est plus vraiment à présenter … Après des études brillantes (Trinity College, Oxford, où il se construit un personnage d’esthète et de dandy, sous l’influence des partisans de l’art pour l’art). Il s’installe ensuite à Londres où il s’illustre dans de nombreux genres littéraires : poésie, journalisme, roman, pièces de théâtre. A plusieurs reprises, il se retrouva confronté aux rigueurs de la morale victorienne. Mais, indissociables de son talent littéraire, sa personnalité hors du commun, le mordant de son esprit, le brillant de sa conversation et de ses costumes assuraient sa renommée. Au faît de sa gloire, il est alors attaqué par le père d’un de ses amants pour immoralité. A la suite de trois procès retentissants, il est condamné à 2 ans de travaux forcés. Ruiné, il quitte le Royaume-Uni à la fin de sa peine et meurt à Paris, dans le dénuement et la misère.

L’album

Extrait du recueil « Le prince heureux et autres contes », ce conte raconte l’installation d’un géant dans une petite ville tranquille, dans une maison dotée d’un magnifique jardin. Les enfants aiment y jouer, mais un jour le géant s’en aperçoit, se fâche et construit un mur. A partir de ce jour, le jardin sombre dans un éternel hiver. Jusqu’au moment où des enfants se glissent de nouveau en cachette dans ce paradis : le printemps revient. Le géant, attendri, vient alors en aide à un petit enfant qui ne peut monter dans un arbre. A partir de là, son attitude sera exemplaire, et ce n’est que le jour de sa mort qu’il aperçoit de nouveau ce petit garçon, qui lui apporte un message de bonheur et d’amour, des plaies aux mains.

Ma chronique

Je ne connaissais pas ce conte d’Oscar Wilde (ce qui m’a donné l’occasion de le redécouvrir en anglais par la suite) et c’était donc une belle découverte. Il offre une histoire simple mais pleine d’amour et de tolérance qui plaira aux enfants, sans que la morale soit pesante ou trop insistante.

Les illustrations de Daniella Oh sont jolies, quoique peut-être un peu palottes, mais j’ai beaucoup aimé certaines d’entre elles, comme le contraste offert entre la froideur du jardin du géant égoïste et sa beauté printanière lorsque les enfants y reviennent.

Cependant, la morale religieuse de la fin m’a déçue, d’autant plus que je n’y attendais pas de la part d’Oscar Wilde, tant il m’a habitué à son côté iconoclaste. C’est pour cela que je ne peux pas être à 100% enthousiaste sur ce livre, malgré le fait que j’apprécie normalement beaucoup ce grand auteur. Mais je ne doute pas que ce bel album plaira à d’autres.

Incursions au coeur du texte

« C’était un grand jardin ravissant. L’herbe était tendre et verte, parsemée de belles fleurs qui ressemblaient à des étoiles. Il y avait aussi douze pêchers qui s’épanouissaient au printemps en milliers de fleurs délicates, couleur de perle rose. En automne, ils donnaient des fruits magnifiques. »

« J’ai beaucoup de belles fleurs, […], mais les plus belles fleurs, ce sont les enfants. »