L’auteur

Théophile Gautier (1811-1872), poète, romancier et critique français, s’inscrit dans le mouvement littéraire du romantisme. Son maître littéraire est Victor Hugo, qu’il rencontre en 1829. Le 25 février 1830, il participe à la fameuse bataille d’Hernani, vêtu d’un gilet rouge, qui marquera durablement les esprits. Il gardera toujours une prédilection pour la poésie (Emaux et Camées en 1852), même s’il écrit plusieurs romans, le premier étant Mademoiselle de Maupin. En 1862, il est élu président de la Société nationale des Beaux-Arts où il est entouré des peintres les plus prestigieux : Eugène Delacroix, Pierre Puvis de Chavannes, Édouard Manet, Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Gustave Doré. Mais il échouera à 3 reprises à l’Académie française, en 1866, 1868 et 1869.

Il est aujourd’hui célèbre pour Le Capitaine Fracasse (1863), Le roman de la Momie (1858) et ses contes fantastiques.

Le livre

Le baron de Sigognac vit seul dans son château totalement délabré des Landes, seul héritage de ses ancêtres, et bien trop fier pour demander de l’aide à qui que ce soit. Jusqu’à ce qu’un jour, débarque une troupe de comédiens au sein de laquelle une jeune fille, Isabelle, suffira à Sigognac pour qu’il abandonne tout et la suive. Commencent alors de formidables aventures tout au long de la route des artistes, qui sillonnent la France, jusqu’à paris.

Ce que j’en ai pensé

Cette lecture avait pour but de me réconcilier avec Théophile Gautier, après le désastre de ma découverte de Mademoiselle de Maupin avec le Club des Lectrices en novembre. Et c’est réussi ! Certes, les descriptions occupent encore une grande place, mais ici elles ne semblent plus ennuyeuses et superflues mais sont bien un élément important de l’action. Elles nous introduisent dans l’ambiance voulue par Gautier et les belles phrases ciselées de celui-ci, ainsi que sa verve humoristique m’ont totalement séduite.

Tous les personnages, dans leurs caractères extraordinaires et altérés par leurs jeux d’acteurs, sont attachants et l’on vibre tout au long de ce roman d’aventures mais surtout de cette touchante histoire d’amour, d’une pureté rafraîchissante …

J’y ai retrouvé une plume alerte, fournie et mélodieuse, propre au romantisme du XIXe, alors que chez Mademoiselle de Maupin, quoique ne manquant pas d’une certaine beauté, le style me semblait froid : on y sentait le partisan de l’art pour l’art, chez lequel la plume n’est pas au service de l’histoire mais uniquement de la beauté de langue, de la littérature comme art.

Evidemment, il ne s’agit pas d’y rechercher une signification très profonde : les personnages y restent naïfs, l’intrigue est simple et le coup de théâtre de la fin fait sourire ! Mais justement, tout en rédigeant cet article, j’ai fait quelques recherches et j’ai appris que ce roman était un pastiche du Roman comique de Scarron, qui est sur ma LAL depuis bien longtemps. Serait-ce ma prochaine piste de lecture ? Pour le coup, cela éclairerait cette lecture du Capitaine Fracasse.

Par la même occasion, je vais tenter de voir le film de 1961, avec Jean Marais (j’aime aller au bout de chaque oeuvre que je découvre, ou redécouvre dans ce cas-ci.)

Incursions dans le texte

« Mes premiers pas sur la scène, dit en riant le baron, ont pour spectateurs des veaux et bêtes à cornes; il y aurait de quoi humilier mon amour-propre, si j’en avais.

Et ce ne sera pas, répondit Bellombre, la dernière fois que vous aurez un tel public; il y a toujours dans la salle des imbéciles et des maris. »

« Après tout, puisque le théâtre est l’image de la vie, la vie doit lui ressembler comme un original à son portrait. »