Aujourd’hui, je veux revenir sur une faute qui est faite fréquemment : la prononciation du mot « fruste« . Que nous avons tendance à prononcer « frustre« . Il y a une explication à cette faute : la proximité du mot « fruste » avec le verbe « frustrer ».

Or, l’étymologie permet de comprendre que cette faute, si elle est commune, n’a pas de sens puisque les deux mots n’ont que peu de rapport dans l’histoire de la langue française.

Frustrer représente un emprunt, au XIVe siècle au latin frustrare, « rendre vain » dérivé de l’adverbe frustra, « en vain ». Frustrer signifie « priver quelqu’un d’un avantage escompté », et par extension, « ne pas répondre à une attente ». Par l’usage en psychanalyse, le verbe a pris, au milieu du XXe siècle, le sens de « mettre quelqu’un dans une situation de déception ».

Fruste vient de l’italien frusto, « usé », emprunté au XVIe siècle, dérivé du latin frustare, « user » Par extension, il peut signifier « dont le relief est grossier ». Au milieu du XIXe, il s’applique à une personne mal dégrossie, peut-être sous l’influence de rustre, ce qui pourrait expliquer du coup la faute « frustre« .

Et voilà ! maintenant, non seulement vous ne ferez plus l’erreur, mais en plus vous serez capable d’expliquer à vos collègues éblouis d’où vient cette faute fréquente et pourquoi il ne faut pas la faire … !