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CHILI

L’auteur

Luis Sepúlveda est un écrivain chilien né en 1949. Son premier roman, Le Vieux qui lisait des romans d’amour, traduit en trente-cinq langues et adapté au grand écran en 2001, lui a apporté une renommée internationale. Son œuvre, fortement marquée par l’engagement politique et écologique ainsi que par la répression des dictatures des années 70, mêle le goût du voyage et son intérêt pour les peuples premiers. (Wikipédia)

L’histoire

Une mouette se trouve prise dans une marée noire et vient mourir sur le balcon d’un gros chat noir. Avant de rendre l’âme, elle lui fait promettre de ne pas manger son œuf, d’élever le poussin et surtout de lui apprendre à voler. Commence alors une belle aventure pour les chats du port qui vont élever la petite mouette. Jusqu’à ce que le problème du vol se pose.

Ce qu’on y trouve

Un très beau petit conte, qui se lit d’une traite, et qui peut plaire aussi bien aux enfants qu’aux adultes. On y retrouve l’écriture poétique et l’atmosphère un peu magique qui caractérise les romans latino-américains, dont Luis Sepulveda est un des plus illustres représentants.

Dès le départ, l’ambiance est posée :

« Banc de harengs à bâbord ! annonça la vigie et le vol de mouettes au Phare du Sable Rouge accueillit la nouvelle avec des cris de soulagement. » Et hop on se met à la place des mouettes qui observe les hommes de leur poste aérien.

Et tout au long du livre, on peut trouver :

De la tendresse :

La mort de la mouette : « Tendons nos cous vers la lune et miaulons le chant d’adieu des chats du port ».

De la poésie :

Le poète : « Il ne sait peut-être pas voler avec des ailes d’oiseau, mais en l’entendant, j’ai toujours pensé qu’il volait avec ses mots ».

De la tolérance :

Le chat à la petite mouette : « Nous t’avons protégée depuis que tu es sortie de ton œuf. Nous t’avons donné toute notre tendresse sans jamais penser à faire de toi un chat. Nous t’aimons mouette. Nous sentons que toi aussi tu nous aimes, que nous sommes tes amis, ta famille, et il faut que tu saches qu’avec toi, nous avons appris quelque chose qui nous emplit d’orgueil: nous avons appris à apprécier, à respecter et à aimer un être différent. « Il est très facile d’accepter et d’aimer ceux qui nous ressemblent, mais quelqu’un de différent, c’est très difficile, et tu nous as aidés à y arriver. Tu es une mouette et tu dois suivre ton destin de mouette. Tu dois voler. Quand tu y arriveras, Afortunada, je t’assure que tu seras heureuse et alors tes sentiments pour nous et nos sentiments pour toi seront plus intenses et plus beaux, car ce sera une affection entre des êtres totalement différents. »

De l’humour :

« C’est exactement ce que j’allais dire. Je vois que vous ne pouvez pas résister à la tentation de m’enlever les miaulements de la bouche, protesta Colonello. »

Et finalement, du courage :

« Seul vole celui qui ose le faire »

 

Pour finir, un petit clin d’oeil :

« Comme c’est difficile pour les hommes. Nous, les mouettes, nous crions de la même manière dans le monde entier, cria un jour Kengah à l’une de ses compagnes de vol.

– C’est comme ça. Et le plus étonnant c’est que parfois ils arrivent à se comprendre, répondit sa compagne. » C’est fou non ?