Aujourd’hui, je fais un bond à la fois dans le temps et dans l’espace pour vous parler du plus célèbre poète arabe du Xe siècle, Abū l-T̩ayyib Ah̩mad ibn al-H̩usayn al-Mutanabbī, ou pour faire plus court, Al-Mutanabbi.

Né à El- Kouffa (en Iraq) à l’époque de déclin de l’empire Abbasside, il est considéré comme le plus grand poète arabe, par sa maîtrise de la langue et la richesse des thèmes abordés.

Le nom « Al-mutanabbi », qui veut dire : celui qui se dit prophète, lui fut adjoint, durant sa jeunesse, quand il écrivit des textes qu’il disait être de Dieu : il se fit passer pour tel et déclencha une rébellion alors qu’il n’avait que 17 ans. Elle fut vite avortée.

A sa mort, il laisse 326 poèmes, qui racontent sa vie tumultueuse auprès des rois et nous dévoile le quotidien arabe du Xe siècle, ainsi que des réflexions sur la sagesse, la vie.

Peu connu en France, j’ai pensé qu’il serait intéressant de découvrir ce grand poète. J’ai choisi plus spécifiquement ce poème entre tous puisque, pour moi, c’est celui qui est le plus universel.

Les hommes sont à la dimension de leurs actes
C’est à la mesure de leur grandeur que leurs actes sont grands !
Aux yeux des petits, les petites choses sont immenses !
Pour les grandes âmes, les grandes choses sont petites !
Seul et partout sans ami. Quand l’objet que l’on cherche est sublime, qui peut aider à l’atteindre ?
Les désirs des âmes sont trop petits pour mériter que l’on s’entretue et que l’on s’épuise pour eux.
Pour le pieux, mieux vaut affronter la mort au sombre visage que le mépris.
Si l’on pouvait vivre à jamais, quel sens y aurait-il au courage ?
Et puisqu’il faut que l’homme meurt, qu’au moins ce ne soit pas en lâche !