L’auteur

Françoise Sagan voit le jour dans une famille d’industriels aisés. Durant l’été 1954, elle écrit « Bonjour tristesse« . Elle a 18 ans, le succès est au rendez-vous : un an après sa publication, 850 000 exemplaires du roman ont été vendus.
En 1957, elle est victime d’un grave accident de voiture, qui la laissera entre la vie et la mort pendant quelques jours. À partir de cet événement, elle sera sujette aux douleurs et dépendante de médicaments, alcool et drogues. Françoise Sagan écrira une cinquantaine de romans : 30 millions de livres vendus en France, de nombreuses traductions (en 15 langues). Ses thèmes favoris : la vie facile, les voitures rapides, les villas bourgeoises, le soleil, un mélange de cynisme, de sensualité, d’indifférence et d’oisiveté.
Souvent considérée comme faisant partie de la Nouvelle Vague, elle a aussi contribué à la co-écriture de scénarios et de dialogues de films.(Biographie Babelio)

Le livre

Dans un château en Suède encerclé de neige, les Falsen, une famille légèrement psychopathe, reste prisonnière jusqu’au printemps en compagnie d’un hôte qui s’est invité à l’improviste.

Ce que j’en ai pensé

Après un de ses romans, Un Sang d’aquarelle, qui avait été un coup de cœur, et une véritable révélation puisque c’est ainsi que j’ai découvert cette auteur; je l’aborde sous l’angle du théâtre et de sa première pièce. L’auteur reprendra d’ailleurs les personnages de Sébastien et d’Eléonore dans Des bleus à l’âme, roman-essai paru en 1972 (et je vais donc m’empresser de le lire ! 🙂

J’y ai immédiatement retrouvé un humour décapant, une maîtrise de la langue et de l’ironie qui m’a ravi à chaque réplique. Le personnage de Sébastien, cynique, désœuvré et désespéré, est particulièrement savoureux.

Au fil des répliques, on découvre les tensions d’une famille spéciale, dont les membres semblent forcés de se côtoyer, sans vraiment s’apprécier. Un jeu complexe de manipulations autour du jeune homme qui s’invite au milieu de ces hôtes étranges, qui cherchent tous les moyens possibles de se désennuyer, à ses dépens …

J’ai vu que cette pièce avait été adaptée en téléfilm en 2008 par Florian Zeller et Josée Dayan. Cette dernière explique son choix ainsi :

« J’aime Château en Suède car c’est pour moi un véritable thriller sentimental. Françoise Sagan dresse avec une redoutable adresse un portrait cruel et élégant de l’aristocratie décadente. La formidable adaptation de Florian Zeller est pour moi l’occasion de rendre compte d’un complexe jeu de sentiments, d’une petite musique de la douleur entre comédie de moeurs et bal des vampires. »

Je me trouve parfaitement d’accord avec cette citation et cette définition de l’œuvre : un véritable thriller sentimental, avec à la fois de la cruauté et de l’élégance.

Difficile de vous en dire plus sans dévoiler les ressorts de cette courte pièce, qui sort des canons théâtraux classiques avec brio ! A découvrir : à voir ou à lire !

Incursions

« OPHELIE. – Si jeune, quelle tristesse… ! quel sombre destin, comme dirait Agathe. Je peux vous embrasser, Frédéric ?
Il a l’air désemparé. Elle vient vers lui.
OPHELIE. – Alors ? Je voulais dire « sur la bouche ».
FREDERIC. – Non.
OPHELIE. – Mais ce n’est pas amusant, autrement »

« SEBASTIEN, gracieux – Vous trouvez que je minaude aussi ?
HUGO – Vous non. Vous grincez. Pourquoi avez-vous l’air si content ? Ça vous amuse, vous, ces petits cousins qui débarquent chaque hiver et nous encombrent ? Tout cela au nom de la fameuse hospitalité des Falsen !
SEBASTIEN – Je les trouve assez distrayants.
HUGO – Je sais. Ça vous amuse même rudement. Si vous n’aviez pas engrossé toutes les femmes de chambre, je me demanderais.. mais non, ça vous amuse simplement. Éléonore et vous passez l’hiver à ricaner dans leur dos, à jouer un jeu que je ne comprends pas. Quel plaisir prenez-vous à vous moquer d’un autre homme ?
SEBASTIEN – Le plaisir le plus bas, Hugo, donc un des plus profonds.
HUGO – Vous aimez bien les phrases, hein ?
SEBASTIEN – C’est tout ce qui me reste, mon cher. L’intelligence est devenue une chose terrible, à notre époque. Elle vous tourmente vous-même, elle irrite les autres, elle ne convainc ni eux ni vous… »

***

Youpee, on le 30 et j’ai réussi in extremis à compléter mon challenge Sagan ! Il se termine en effet le 31 janvier …

Il a eu pour principale conséquence, et non des moindres, de me faire découvrir cet auteur que j’apprécie énormément : 3 autres de ses livres m’attendent dans ma PAL, au-delà du challenge ! Merci à Delphine (encore une fois !) pour cette découverte littéraire !

Pour ma chronique de Un Sang d’aquarelle, c’est par ici !