Aujourd’hui, je voulais vous parler de la plus célèbre bibliothèque de l’Antiquité : celle d’Alexandrie, en Egypte.

 

 

De nombreuses reconstitutions ont été faites de cette bibliothèque (au cœur d’un musée regroupant également une université et une académie) fondée en -288 et détruite en 642. Ses collections se montaient à 700 000 volumes sous Jules César d’après des textes de l’époque. Créée à l’instigation de Ptolémée Ier, un des généraux d’Alexandre le Grand; elle avait pour humble ambition de rassembler le savoir universel. Elle ne commença à fonctionner que sous son successeur, Ptolémée II, qui, selon Épiphane, aurait demandé « aux rois et aux grands de ce monde » qu’ils envoient les œuvres de toutes les catégories d’auteurs.

Ce fut un centre académique de hautes recherches, où les savants trouvaient toutes les informations sur place, aussi bien dans leurs laboratoires que dans la riche bibliothèque, et enseignaient également (les ancêtres de nos enseignants-chercheurs …).

Il y a peu de certitudes concernant ce qui a occasionné la destruction de la bibliothèque. Plusieurs hypothèses circulent dans le monde scientifique :

  • la guerre civile romaine entre César et Pompée (env. -50) ;
  • les conflits de primauté politique et religieuse entre paganisme et christianisme (250 – 350) ;
  • les conséquences de la conquête arabe (env. 650) ;
  • plusieurs destructions.

Le mystère demeure … mais il est certain qu’il ne reste aucune trace aujourd’hui de cette antique bibliothèque.

Mais au départ, ce n’est pas de cette bibliothèque dont je voulais vous parler mais de la Bibliotheca Alexandrina qui a été construite sur le même modèle, deux millénaires après !

Évidemment, elle a été un peu modernisée … !

Les travaux ont duré de 1995 à 2002, sur un projet mené conjointement par l‘UNESCO et l’Egypte.

Elle devrait pouvoir accueillir environ 5 millions d’ouvrages, ce qui en fait une bibliothèque de taille respectable à l’échelle mondiale, assez loin cependant derrière la bibliothèque du Congrès, aux États-Unis, qui abrite près de 135 millions d’ouvrages, ou la bibliothèque nationale de France François-Mitterrand, à Paris, qui en contient quelque 20 millions.

La Bibliothèque nationale de France a effectué en juillet 2010 un don de 500 000 ouvrages francophones à la Bibliotheca Alexandrina, comme socle du partenariat entre les deux institutions. La Bibliotheca Alexandrina est un établissement trilingue : arabe, français, anglais, et doit devenir selon son directeur Ismail Serageldin un haut lieu de la francophonie dans la région.

À côté de la salle de lecture (sur 7 sept niveaux, dont 4 sous le niveau de la mer, et elle peut accueillir 2000 personnes) se trouvent trois musées, cinq instituts de recherche ainsi que des salles d’exposition, respectant l’organisation de la bibliothèque antique.

Un musée est réservé à des milliers de manuscrits anciens, dont deux copies de la Bible offertes par le Vatican à la bibliothèque, ainsi qu’une copie de la Description de l’Égypte. Il possède une copie identique de la pierre de Rosette et un livre du mémorandum de l’inauguration du canal de Suez comprenant des tableaux de la cérémonie du voyage des reines et des princes, dessinés par l’artiste du Khédive Ismaïl Pacha.

Une bibliothèque donc passionnante et très ambitieuse, qui vise à faire revivre le rêve de Ptolémée Ier : rassembler le savoir universel et le rendre accessible à tous.