Haïkus japonais

Dans la vieille mare,
une grenouille saute,
le bruit de l’eau.
Basho (1644-1694)

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Le ciel pur d’automne
Un bosqueteau de vieux arbres –
Et cette cabane !
Ryokan (1758-1831)

Le haïku est une forme poétique très codifiée d’origine japonaise et dont la paternité, dans son esprit actuel, est attribuée au poète Bashō Matsuo.

Le terme « haiku » n’a été créé qu’à la fin du XIXe siècle par le poète et théoricien Shiki Masaoka (1867-1902).

Il s’agit d’un petit poème extrêmement bref visant à dire l’évanescence des choses. Il se compose traditionnellement de 17 mores (sons plus petits que des syllabes) en trois segments 5-7-5, et est calligraphié sur une seule ligne verticale. Le haïku doit donner une notion de saison (le kigo) et doit comporter une césure (le kireji). Si le haïku n’indique ni saison, ni moment particulier, on l’appellera un moki.

Les haïkus ne sont connus en Occident que depuis le début du XXe siècle. Les écrivains occidentaux ont alors tenté de s’inspirer de cette forme de poésie brève. La plupart du temps, ils ont choisi de transposer le haïku japonais sous la forme d’un tercet de 3 vers de 5, 7 et 5 syllabes. Quand on compose un haïku en français, on remplace en général les mores par des syllabes ; cependant, une syllabe française peut contenir jusqu’à trois mores, ce qui engendre des poèmes irréguliers.

Eluard est l’un des rares surréalistes à avoir pratiqué ce genre. Il publié un recueil intitulé « Onze haï-kaï », dont celui-ci :

« Le vent

Hésitant

Roule une cigarette d’air »

(Source : Wikipédia)