L’auteur

Ken Follett est né au Pays de Galles. Il a un diplôme de journaliste et travaillera comme reporter pendant plusieurs années. N’étant pas arrivé à être un reporter d’investigation reconnu, Ken Follett se met à écrire des romans de fiction ; en 1974, il quitte définitivement ses emplois de journaliste et rejoint les éditions « Everest Books ».

Le succès est au rendez-vous avec « Eye of the Needle«  en 1978, par lequel il acquiert le statut d’auteur reconnu ; il gagna le « Prix Edgar » et fut vendu à plus de 10 millions d’exemplaires.

Ce qui fait de Ken Follett un bon auteur, c’est qu’il ne s’est pas cantonné à un genre ni à une époque : outre des romans d’espionnage comme Le Réseau Corneille, il a signé des fresques historiques tels Les Piliers de la Terre et des thrillers très actuels.

Dans Le Pays de la Liberté (1996), il s’attaque encore à un autre genre !

Le livre

Entre le jeune Mack, condamné à un quasi-esclavage dans les mines de charbon des Jamisson, et l’anticonformiste Lizzie, épouse déçue d’un des fils du maître, il n’a fallu que quelques regards et rencontres furtives pour faire naître l’attirance des cœurs. Mais dans la société anglaise du XVIIIe siècle, encore féodale malgré les idées neuves de ses philosophes, l’un et l’autre n’ont de choix qu’entre la soumission et la révolte.

Des crassiers de l’Écosse aux docks de la Tamise, de l’Amérique esclavagiste aux premières incursions vers l’Ouest encore vierge, l’auteur des Piliers de la terre nous entraîne ici dans une superbe épopée où la passion amoureuse se confond avec l’aspiration de toute une époque à la liberté et à la justice.

Ce que j’en ai pensé

Roman d’aventure totale, mais également roman où l’on apprend des tas de détails sur l’histoire qui font que Ken Follet est pour moi un maître en littérature historique (non par son goût des dates et des faits mais bien pour inscrire des personnages vivants dans une époque, les érigeants comme des témoins directs de la grande Histoire).

– Où j’ai découvert que l’esclavage existait encore en Europe au 19e siècle : dans les mines. En écho au film « Qu’elle était verte ma vallée » qui rend hommage aux mineurs irlandais, c’est la même situation pour les mineurs écossais qui engagent leurs enfants comme « esclaves » des maîtres toute leur vie, à moins qu’ils ne puissent gagner leur liberté avant leurs 21 ans (loi qu’ils ne connaissent pas bien sûr).

– Où j’ai appris la dure réalité des dockers londoniens de l’époque, que là-bas aussi les patrons arnaquent et exploitent, sans que les ouvriers n’osent contester l’état de fait.

– Où se sont approfondies mes connaissances des plantations américaines fonctionnant avec des esclaves, blancs ET noirs.

Ken Follet nous promène dans ces différents charmants endroits, suivant les aspirations de liberté du jeune Mack, qui est devenu mon nouvel héros idéal soit dit en passant; et les idées contestataires de Lizzie, dont le caractère iconoclaste est croustillant d’humour !

Mais c’est aussi, en filigrane, une belle histoire d’amour, au-delà des préjugés de classe, et d’argent, décrite avec finesse et pudeur. 

– Où j’ai appris que l’intelligence et la volonté peuvent faire des miracles sur un destin tracé d’avance. Et où il n’est jamais mauvais de se poser des questions et de contester des réalités injustes.

Un roman qui nous éclaire sur l’exploitation de l’homme par l’homme, qui n’est pas propre au XIXe siècle malheureusement. Un roman d’aventures qui se dévore.

Un coup de cœur.

Incursion

Puis Saul, le mari de Jen, répéta la formule qui faisait du fils de chaque mineur écossais un esclave : « Je m’engage à ce que cet enfant travaille aux mines de George Jamisson, quand il sera enfant et adulte, aussi longtemps qu’il en sera capable ou jusqu’à sa mort ».