Aujourd’hui, je m’attaque à un mot familier, mais dont je ne connaissais pas l’étymologie ni l’origine historique, ce qui est proprement scandaleux (je ne sais comment j’ai pu vivre jusqu’à présent sans savoir cela )

Que veut dire le mot lecture et d’où vient-il ? 

Jusqu’au XIIe-XIIIe siècle, on utilisait le mot litre, leiteur.

Au XIVe siècle, on emprunte lector au latin, qui signifie « qui lit pour soi, lit à haute voix pour le compte de quelqu’un »; mot dérivé de legere, lire.

Le lecteur désigne d’abord le clerc chargé de lire les leçons dans le culte chrétien, puis plus largement, celui qui lit à haute voix.

Le terme continue à évoluer dans ces deux acceptions :

  • Dès le XIVe, le mot se spécialise, notamment dans l’enseignement : c’est d’abord un professeur de cours publics, et aujourd’hui, par l’emprunt de l’allemand Lektor, un professeur adjoint pour l’enseignement d’une langue vivante à l’université (dès le XIXe siècle).
  • L’acte de lire. Cette signification a conduit à une autre spécialisation, dans le métier de l’édition cette fois, au XIXe siècle : il désigne celui qui lit et corrige les épreuves, et celui qui lit les manuscrits.

    Le sens que l’on connait : lire à voix haute, est apparu dès le XVe siècle; puis dès le XVIe siècle, il prend le sens élargi de « action de prendre connaissance d’un texte en le lisant pour soi », que nous connaissons.

  • Par métonymie, le terme désigne aussi ce qu’on lit.

 

Et voilà ! lecteurs, lectrices qui me lisent, vous en savez déjà plus sur vous-même !

Bon dimanche !