William Butler Yeats (1865-1939)

Quelques mots sur lui

– Il écrit ses premiers poèmes en 1885.

– Style très romantique et symboliste au début puis de plus en plus moderniste, sous l’influence d’auteurs comme Ezra Pound.

– Sa poésie est d’abord inspirée par des mythes et folklores irlandais, puis par ses liens avec le nationalisme.

– C’est l’un des instigateurs du renouveau de la poésie irlandaise : avec plusieurs écrivains parmi lesquels J M Synge, Seán O’Casey, et Padraic Colum, il fonde le mouvement littéraire connu sous le nom de Irish Literary Revival.

– Avec ce groupe, il ouvre l‘Abbey Theatre en 1904 où seront jouées plusieurs de ses pièces de théâtre. En 1924, Yeats et Lady Gregory cèdent l’Abbey au gouvernement de l’État libre d’Irlande comme cadeau au peuple irlandais. Cette salle fut ainsi le berceau de la plupart des grands dramaturges ou acteurs irlandais du XXe siècle et est également aujourd’hui désignée sous le nom de National Theatre of Ireland, qui existe toujours et a acquis au fil des années une visibilité internationale.

– Il a obtenu le Prix Nobel de Littérature en 1923 : le Comité Nobel qualifie alors son œuvre de « poésie toujours inspirée, dont la forme hautement artistique exprime l’esprit d’une nation entière. »

Ce poème m’a inspiré car doté d’un riche imaginaire (et non ce n’est pas seulement parce qu’il y parle d’un livre …), à la fois symboliste et romantique. Je vous laisse l’apprécier.

WHEN YOU ARE OLD

 

When you are old and grey and full of sleep,
And nodding by the fire, take down this book,
And slowly read and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep;

How many loved your moments of glad grace,
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how love fled
And paced upon the mountains overhead
And hid his face amid a crowd of stars.

***

QUAND TU SERAS VIEILLE

Quand tu seras vieille et grise et pleine de sommeil,
Quand, ta tête inclinée près du feu, tu prendras ce livre,
Et lentement, liras et reverras le doux regard
De tes yeux d’autrefois, et de leurs ombres profondes.

Combien ont aimé tes moments de joie prodigue,
Et aimèrent ta beauté d’un amour sincère ou faux,
Mais un seul aima l’âme du pèlerin en toi,
Et aima les défaites de ton visage changeant ;

Et quand courbée sur la hampe incandescente,
Tu murmureras comment l’amour te quitta
Comment il s’envola au-dessus des montagnes
Et cacha son visage dans un amas d’étoiles.

(In The Rose, 1893)