Il y a des livres sur lesquels on n’a pas envie d’écrire, pour différentes raisons : parfois parce que l’expérience a été tellement forte qu’on ne trouve pas les mots et que l’on veut garder ses émotions pour soi; parfois parce que le livre n’appelle pas à de multiples paragraphes sur ce qu’on a ressenti et ce que l’on peut juger sur lui.

Les petits chevaux de Tarquinia font partie de la deuxième catégorie. Lu pour Le club des lectrices et pour renouer avec Duras, dont je n’avais lu que Moderato Cantabile (qui m’avait déjà rebuté …), ça a été finalement une lecture mitigée.

Une poignée d’amis français se retrouvent en Italie pour des vacances au bord de la mer, alors que le lieu ne leur plaît même pas. La chaleur est immense et les freine dans toutes les actions et initiatives qu’ils vont prendre. Le seul élément qui détone est la mort d’un démineur, là-haut dans la montagne, et dont la mère refuse de signer le certificat de décès.

Roman de l’ennui et de la chaleur, qui sont deux personnages à part entière dans ce livre, je n’y ai vu que peu d’intérêt. Les personnages sont exaspérants de mollesse et de médiocrité. L’action est à peu près nulle : ils boivent, ils vont à la mer, ils font la sieste.

« Il n’y avait rien à faire, ici, les livres fondaient dans les mains. Et les histoires tombaient en pièces sous les coups sombres et silencieux des frelons à l’affût. Oui, la chaleur lacérait le cœur. Et seule lui résistait, entière, vierge, l’envie de la mer. »

Aucun d’entre eux n’a envie d’être là : les couples se déchirent, les amis ne se supportent pas toujours, ne se font pas confiance.

Finalement, seul le style de Duras sauve le tout, mais pour moi, la littérature n’est pas égale au style seul. Elle a réussi le pari assez impressionnant tout de même d’écrire un roman sur l’inertie.

Preuve en est la première et dernière phrase du roman :

« Sara se leva tard. Il était un peu plus de dix heures. La chaleur était là, égale à elle-même. »

« Elle espérait que cette nuit-là, la pluie arriverait, et elle s’endormit très tard, dans cet espoir. »

Entre les deux phrases, 200 pages de chaleur, et 200 pages d’espoir qu’il va pleuvoir. Et 200 pages où je me suis aussi trouvée à espérer qu’il pleuve, histoire qu’ils arrêtent de râler sous la chaleur. Quelques pages auraient suffi.

Comme Lili, dans le même genre, j’ai encore préféré Le Désert des Tartares de Buzzatti …

PS : je laisse une dernière chance à cette chère Marguerite, puisque apparemment il faut découvrir La Douleur, à part dans son œuvre. …

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Incursions

« Je t’aime plus grand que la mer. »

« Quand un sentiment est aussi excessif, c’est équivoque, toujours. »

« Il n’y a pas de vacances à l’amour, dit-il, ça n’existe pas. L’amour, il faut le vivre complètement avec ton ennui et tout, il n’y a pas de vacances possibles à ça. »

« C’est une bonne idée, Tarquinia. Vous allez voir ces petits chevaux des tombes étrusques. »