József Attila(1905-1937) : né dans un quartier pauvre de Budapest, il eut la chance d’être pris en charge par son beau-frère qui lui offrit des études dans un bon lycée, et plus tard, d’être reçu à la Faculté des lettres de l’Université de Szeged (son rêve étant de devenir enseignant). Cependant, il se détourna de cette dernière à cause d’un conflit avec un professeur scandalisé par la provocation de l’un de ses poèmes.

Le « Mendiant de la beauté », son premier recueil de poèmes, paraît en 1922. En janvier 1924 « Le Christ révolté » lui vaut un procès, le premier d’une longue série, pour blasphème (il a 19 ans !)

Il fut ensuite exclu du parti communiste hongrois, soit disant pour crime d' »idéalisme« . Il commence néanmoins à gagner un peu d’argent en publiant ses poèmes. Mais il montre aussi des signes de schizophrénie et doit être soigné par des psychiatres. Il meurt à l’âge de 32 ans, à Balatonszárszó, écrasé par un train, dont il est impossible de déterminer s’il s’agit d’un accident ou d’un suicide. 

L’Unesco a décrété 2005 comme « l’année mondiale d’Attila József » à l’occasion du centenaire de sa naissance.

C’est l’un des plus importants poètes hongrois du XXe siècle (il a écrit plus de 400 poèmes) , et je suis tombée sous le charme de certains de ses poèmes. Sa poésie traduit tout le désespoir et le mal de vivre d’un homme qui n’a pas su s’adapter à la société, à la sensibilité exacerbée et d’une grande fragilité.

« Je ne veux qu’un lecteur pour mes poèmes :

Celui qui me connaît – celui qui m’aime –

Et, comme moi dans le vide voguant,

Voit l’avenir inscrit dans le présent.

Car lui seul a pu, toute patience,

Donner une forme humaine au silence ;

car en lui seul on peut voir comme en moi

S’attarder tigre et gazelle à la fois.« 

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Ma Patrie

« Hongroise malgré tout, mais exilée chez elle,

Mon âme forme et clame un suprême dessein:

Que ma douce Patrie m’accueille dans son sein

Et que je puisse enfin être son fils fidèle.

Qu’un ours pataud traîne à la chaîne qui le pèle,

Je n’accepterai pas que ce sort soit le mien.

Je suis poète. Enjoins au procureur au moins

De ne pas m’arracher ma plume dans son zèle.

Tu as donné des paysans à l’océan.

Donne le sens humain aux hommes maintenant,

Donne au peuple magyar le génie de sa terre.

Qu’il ne soit pas la colonie des Allemands,

Ce pays. Que mes vers soient d’une beauté claire.

Ô ma patrie, fais qu’ils soient plus heureux, mes chants ! »