Aujourd’hui, j’annonce la couleur, le mot du dimanche est : LITTERATURE !

Puisqu’en ce moment, certains blogs relancent l’éternelle question de ce qu’est la littérature, il m’a semblé intéressant de revenir sur son étymologie.

Le mot « Littérature » est emprunté au XIIe siècle au latin litteratura, l’écriture, « ce qui concerne les lettres » et la « production de livres par l’écriture« , venant de littera, la lettre.

Au départ, il est employé au sens de « caractère de ce qui est écrit », défini par littéralité par l’usage moderne. Au XIVe siècle, le moyen français lui donne le sens « d’érudition, connaissance acquise, savoir (issu des livres)« . C’est la même acception qui est constatée jusqu’au XVIIIe siècle.

Il faudra attendre la seconde moitié du XVIIIe siècle pour voir apparaître le sens moderne d« ensemble d’ouvrages publiés sur quelque chose » (d’après l’allemand Literatur), et surtout celui d’« ensemble des oeuvres, des textes relevant des belles-lettres » dont l’attestation précise est difficile à déterminer.

Plus spécialement, le terme s’applique aux oeuvres écrites dans la mesure où elles portent la marque de préoccupations esthétiques reconnues comme telles.

C’est à la fin du XIXe siècle qu’il commence à désigner ce que l’on trouve dans les romans par opposition à la réalité, avec parfois un sens péjoratif.

Au XXe siècle, il s’étend à tout usage esthétique du langage, même non écrit (littérature orale).

Le terme a enfin produit des dérivés amusants, peu utilisés :

  • Littéraillerie
  • Littératurisme
  • Littératurer (Flaubert)

De cette définition, il n’y a qu’un pas, que je saute allégrement, pour que j’adhère à la conception de George comme quoi tout écrit n’est pas littérature, et de loin. Pour cela, et l’étymologie et l’histoire du mot le confirment, il faut qu’il y ait une « préoccupation esthétique reconnue comme telle. »

On ne peut nier qu’un large pan de la littérature, qu’elle soit contemporaine ou non d’ailleurs, ne répond pas à ce critère. On ne peut donc pas lui accoler l’étiquette de « littérature« , si l’on s’en tient au sens strict.

Le terme de littérature, on l’a vu, n’a pas de rapport avec la question de l’histoire traitée, mais s’en tient principalement à la forme du texte (la manière dont on la traite) et à l’objectif poursuivi par l’écrivain qui la produit.

Certes, pour certains la frontière peut être floue. Pour d’autres, elle est très claire, et cette catégorisation me satisfait. Je ne dis pas par ailleurs que ce qui n’est pas littérature est mauvais (il y a de très bons textes), c’est simplement qu’ils n’obéissent pas aux impératifs et caractéristiques essentiels qui définissent la littérature.

Il faut donc arrêter de se poser cette sempiternelle question. Le terme « littérature » n’est pas élitiste ou quoi que ce soit. Il n’est pas non plus réservé aux romans dits « classiques ». C’est simplement une étiquette qui porte le constat d’un effort, d’un travail esthétique du producteur des textes. Il n’est pas réellement question de jugement de valeur (des textes peuvent être considérés comme très bons, mais peu de gens pourront défendre leur valeur esthétique … à moins d’être de mauvaise foi !).

La littérature est un art.