Mieux vaut tard que jamais !

Aujourd’hui nous découvrons la littérature francophone asiatique !

Le Cambodge, le Laos et le Vietnam sont membres de la Francophonie, mais il y a également une littérature francophone en Chine.

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Vietnam

L’apparition de la littérature vietnamienne francophone est évidemment liée à la colonisation française et à l’influence culturelle qui en résulte et ne peut se développer que lorsque les élites vietnamiennes sont suffisamment francisées pour former un public et des auteurs. La France pénètre au Viêtnam en 1858 et assoit définitivement son hégémonie à partir de 1895.

De 1913 – date de la publication de Mes heures perdues, recueil de poèmes de Nguyen Van Xiem – à nos jours, on peut recenser de manière non exhaustive, une centaine d’ouvrages de fictions écrits par 47 écrivains : 62 œuvres en prose dont 34 romans, 31 plaquettes de poésie et 6 pièces de théâtre.

Aujourd’hui, les auteurs les plus connus sont : Pham Van Ky (Grand Prix de l’Académie Française pour son roman Perdre la demeure), Pham Duy Khiem (Légendes des Terres sereines – 1942)premier Vietnamien reçu à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm – et Cung Giu Nguyên – (chef d’oeuvre : Le Fils de la baleine (1956).

On peut dire que cette littérature traite de 3 thèmes : la célébration des valeurs de la terre natale, la chronique des effets du choc culturel entre Orient et Occident, le récit des guerres coloniale, étrangère et civile.

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Cambodge et Laos

Temple d’Angkor

Quelques auteurs :

Makhali-Phal (pseudonyme de Pierrette Guesde, née au Cambodge d’un père français et d’une mère cambodgienne) a publié plusieurs romans qui reconstituent la vie dans le Cambodge ancien : La Favorite de dix ans (1940) / Narayana ou Celui qui se meurt sur les eaux (1942).

Amphay Doré (né à Luang-Prabang en 1940 d’un père français et d’une mère laotienne) a retracé dans L’École de la forêt (1974) son initiation spirituelle boudhique.

Les témoignages personnels du roi Norodom Sihanouk, Souvenirs doux et amers (1981) et Prisonnier des Khmers rouges (1986) contiennent des pages d’une subtile et ironique acuité.

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Chine

. François Cheng : né en Chine, il arrive à Paris avec ses parents en 1948 lorsque son père obtient un poste à l’Unesco, et décide de rester en France alors que sa famille émigre aux Etats-Unis. Tout d’abord, il publie de la poésie en chinois à Taïwan et à Hong Kong. Ce n’est que tardivement (en 1977) qu’il écrit en français, sur la pensée, la peinture et l’esthétique chinoises et aussi des ouvrages poétiques. Jugeant avoir acquis assez d’expérience, il peut ensuite se lancer dans l’écriture de romans. Il est naturalisé français en 1971.

En 2001, François Cheng reçoit le Grand Prix de la francophonie de l’Académie française. Le 13 juin 2002, il est le premier Asiatique élu membre de l’Académie française. Il est membre du Haut Conseil de la Francophonie.

  • Le Dialogue, Une passion pour la langue française, Desclée de Brouwer, 2002
  • À l’orient de tout, poèmes, Gallimard, 2005
  • Quand reviennent les âmes errantes, Albin Michel, 2012

. Dai Sije : D’origine chinoise, il vit en France depuis 1984. Après des cours sur l’histoire du cinéma en Chine, il reçoit une bourse pour partir à l’étranger et il choisit de partir étudier en France (1984) à l’Institut des hautes études cinématographiques. Il a lui-même réalisé l’adaptation de son roman Balzac et la petite tailleuse chinoise.

  • Balzac et la petite tailleuse chinoise (2000)
  • Le complexe de Di (2003) Prix Fémina
  • Par une nuit où la Lune ne s’est pas levée (2007)

. Wei-Wei : née en Chine en 1957, elle fait une licence de français puis obtient une bourse pour étudier à la Sorbonne en 1987. Ses romans ont été publiés aux Editions de l’Aube.

Fleurs de Chine (2001) / La Couleur du bonheur (2002) / Une fille Zuang (2006) / Le Yangtsé sacrifié (2007)

J’espère vous avoir donné envie de découvrir la littérature francophone asiatique, que l’on connaît très peu …

Bonne soirée !