Issue de la colonisation française, la littérature francophone maghrébine est encore très riche, le français étant encore bien présent dans la plupart de ces pays, même si il n’est pas toujours assumé … Bien que beaucoup de ces écrivains aient vécu de longues années en France, ils restent cependant profondément représentatifs de la littérature de leur pays.

Maroc

  • Driss Chraibi : Trop souvent réduit à son grand roman Le Passé Simple, au moment de la lutte de son pays pour l’indépendance, il aborde pourtant bien d’autres thèmes, par exemple dans ses Mémoires : Lu, Vu, Entendu (1998) et Le Monde à Côté (2001)
  • Tahar Ben Jelloun : L’enfant de sable (1985) et La Nuit sacrée (Prix Goncourt 1987) sont ses romans les plus célèbres, traduits dans le monde entier. Tout comme son essai : Le racisme expliqué à ma fille (1997). Il publie régulièrement en France désormais.
  • Fouad Laroui : économiste, il se consacre parallèlement à l’écriture. Parmi ses oeuvres, Une année chez les Français a été retenu parmi la première sélection du Goncourt en 2010 et a été très appréciée en France.

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Tunisie

  • Abdelwahab Meddeb : Directeur de la revue internationale Dédale, il enseigne la littérature comparée à l’Université Paris X. Il anime également l’émission hebdomadaire Cultures d’islam sur France Culture. Son œuvre a pris de nombreuses formes : en 2002, il reçoit le Prix François-Mauriac pour La maladie de l’islam et le Prix Max Jacob pour son recueil de poésies Matière des oiseaux. En 2007, il reçoit le Prix Benjamin-Fondane pour Contre-prêches. Pour l’ensemble de son œuvre, il reçoit en 2010 le Prix Doha, capitale de la culture arabe, qu’il partage avec Édouard Glissant.
  • Fawzia Zouari : docteur en littérature française et comparée à la Sorbonne, elle a travaillé 10 ans à l’Institut du Monde arabe. Parmi ses ouvrages : Ce voile qui déchire la France en 2004 ou La deuxième épouse en 2006 aux éditions Ramsay.

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Algérie

  • Kateb Yacine : Toujours en quête d’identité, il déclarait que « La francophonie est une machine politique néo-coloniale, qui ne fait que perpétuer notre aliénation, mais l’usage de la langue française ne signifie pas qu’on soit l’agent d’une puissance étrangère, et j’écris en français pour dire aux français que je ne suis pas français ». Il a principalement écrit des pièces de théâtre comme Le Bourgeois sans culotte ou L’Homme aux sandales de caoutchouc; et des romans comme Le Polygone étoilé.
  • Yasmina Khadra : pseudonyme de l’écrivain Mohammed Moulessehoul, il démissionne de l’armée en 2000 pour se consacrer à l’écriture. Il choisit de rendre hommage aux femmes algériennes et à son épouse en particulier, en prenant ses deux prénoms, Yasmina Khadra, et ne révèle son identité qu’en 2001 avec la parution de son roman autobiographique L’Écrivain et son identité tout entière dans L’imposture des mots en 2002. Il acquiert sa renommée internationale avec les romans noirs du commissaire Brahim Llob. Khadra illustre également « le dialogue de sourds qui oppose l’Orient et l’Occident » avec trois romans : Les Hirondelles de Kaboul (2002) ; L’Attentat (2005) et Les Sirènes de Bagdad (2006).
  • Maïssa Bey : Enseignant le français dans l’ouest algérien, elle a reçu le prix des libraires algériens pour l’ensemble de son œuvre, qui comprend des romans, dont Cette fille-là (2001) ou Pierre, Sang, Papier ou Cendre (2008); des nouvelles et du théâtre.
  • Tahar Djaout : journaliste, il publie aussi un grand nombre de romans, de poèmes et de pièces de théâtre avant d’être assassiné en 1993 : L’Invention du désert (1987), Les Vigiles (1991), Le dernier été de la raison (1999)

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J’espère vous avoir donné quelques pistes pour découvrir la riche littérature de ces écrivains qui n’ont jamais hésité à franchir la Méditerranée pour trouver de l’inspiration et écrire en français.

Bonne soirée !