Pour aujourd’hui, on descend un peu plus au Sud, vers l’Afrique noire, vers des pays qui nous évoque plus naturellement la Francophonie car anciennement colonisés. Aujourd’hui 28 pays africains ont adhéré à l’Organisation internationale de la Francophonie. Le français y est parlé par 120 millions de personnes, comme première ou deuxième langue (ce statut dépend souvent des régions et des classes sociales.) D’après l’OIF, la langue est même en progression sur le continent africain puisqu’on ne dénombrait que 79 millions de francophones en 1997. Il faut cependant remarquer que dans chaque pays, le français est parlé avec des prononciations et des spécificités locales très fortes (c’est ce qui fait son charme ! :))

En bleu foncé = Pays normalement considérés francophones
En bleu clair =  Pays parfois considérés francophones
En bleu turquoise =  Pays non-francophones mais ayant rejoint l’OIF et étant dans un processus de francisation.

Il paraît évidemment difficile d’évoquer tous ces auteurs africains qui écrivent en français. Cet article sera donc une sélection nécessairement arbitraire de quelques auteurs phares de l’Afrique francophone …

D’abord, pour moi, le plus grand d’entre eux : le Malien Amadou Hampaté Bâ (1900-1991)

J’étais tombée sous le charme de son Amkoullel, l’enfant peul, où il fait preuve d’une mémoire étonnante, nous faisant revivre son enfance au début du siècle. Un récit merveilleux, peuplé de croyances, de simplicité, de rituels. Un récit qui nous fait voir autrement cette Afrique dite « sauvage », et met à l’épreuve tous nos préjugés.

Après plusieurs postes dans l’administration, il est affecté à l’Institut français d’Afrique noire (IFAN) où il y effectue des enquêtes ethnologiques et recueille les traditions orales. En 1960, à l’indépendance du Mali, il fonde l’Institut des sciences humaines à Bamako et représente son pays à la Conférence générale de l’UNESCO. En 1962, il est élu membre du Conseil exécutif de l’UNESCO. A la fin de son mandat, il se consacre entièrement à son travail de recherche et d’écriture : Les dernières années de sa vie, il les passera à la rédaction de ses mémoires, Amkoullel l’enfant peul et Oui mon commandant !, qui seront publiés en France en 1991.

Du côté du Burkina Faso

Nazi Boni (1909 – 1969) reste fidèle toute sa vie au précepte de Amadou Hampâté Bâ : tenter de sauvegarder la culture orale de son pays par le biais de l’écrit. Son principal livre, publié en 1962, Crépuscule des temps anciens, est une chronique qui couvre trois siècles, de l’histoire du Bwamu jusqu’aux débuts de la colonisation.

Et pour le Congo-Kinshasa ?

J’ai choisi Henri Lopès : Premier ministre de la République du Congo de 1973 à 1975 et, depuis 1998, ambassadeur en France, il est aussi écrivain, et considéré comme l’un des représentants les plus connus de la littérature africaine moderne : en 1972 il est lauréat du Grand prix littéraire d’Afrique noire de l’Association des écrivains de langue française pour son livre Tribaliques. En 1993, l’Académie française lui décerne le Grand Prix de la Francophonie.

N’oublions pas la République du Congo !

Alain Mabanckou est enseignant en littérature francophone aux Etats-Unis et il a remporté de nombreux prix littéraires, en particulier le Prix Renaudot en 2006 pour Mémoires de porc-épic. Demain j’aurai vingt ans, roman paru en 2010 marque son entrée dans la collection Blanche des éditions Gallimard.

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On pourrait encore évoquer Camara Laye (L’Enfant noir) pour la Guinée, Marguerite Abouet pour la Côte d’Ivoire (Aya de Yopougon), Ousmane Sembène pour le Sénégal (Les Bouts de bois de Dieu), et tant d’autres …

A vous de continuer vos recherches pour découvrir cette riche littérature qui est parfois tombée dans l’oubli et mériterait d’être mieux connue !

A demain pour notre dernière étape … et un article spécial !