Cela fait un moment que cet article du Monde traîne dans mes affaires, et je tenais vraiment à vous en parler, parce qu’il m’avait vraiment marquée à l’époque, et vous allez comprendre pourquoi :

Le cercle des poétesses de Kaboul

(19 septembre 2011, p. 15)

On pouvait s’attendre à voir un cercle féminin de poésie fleurir à n’importe quel endroit du monde, mais pas en Afghanistan, une société ultra-conservatrice, où tous les sentiments sont observés et contrôlés.

Et pourtant, c’est le cas. Source : Wikimédia

Cela fait deux ans que cet atelier a été créé, à Kaboul, et rassemble une dizaine de participantes, ivres de littérature et de poésie. Cette naissance a suivi le constat que les femmes n’osaient intervenir dans des ateliers mixtes, tant le poids de la tradition est fort et bien implanté. A partir du moment où elles ont été seules, elles ont commencé à s’exprimer. Au départ hébergées dans le Centre culturel français de Kaboul, elles ont ensuite migré dans la bibliothèque du ministère de l’éducation nationale.

Evidemment, ce n’est pas toujours bien vu. Les familles ne l’acceptent pas systématiquement, ou alors les poèmes sont passés au crible de la tradition. Les soupçons surgissent vite car l’amour est très présent dans les poésies de ces femmes, et qui dit passion poétique dit « abandon de l’âme et vertige du coeur, qui sentent le souffre.[…] Ecrire un poème, c’est forcément être amoureuse. Et cela doit être contrôlé. » Assister à une réunion n’est donc pas un geste anodin : c’est un risque à prendre.

Cette pression peut conduire à des drames, comme le cas d’une jeune fille qui s’est immolée après avoir été interdite de poésie par sa mère. Cette histoire fait rêver : la poésie et la littérature étaient-elles les seuls rayons de soleil dans la vie de cette jeune fille ? au point qu’elle n’a pu imaginer sa vie sans elles ?

Pourtant, ce n’est pas une rébellion collective, elles acceptent la société telle qu’elle est, révèrent l’Islam (non pas les talibans ..); mais plutôt un développement personnel qui est recherché. Et c’est déjà un bon point.