« La littérature est assaut contre les frontières » Frank Kafka

Je remercie les Agents littéraires et les éditions du Littéraire pour l’envoi de ce petit recueil de nouvelles.

Les nouvelles

La parution de cet ouvrage collectif salue l’entrée de la Palestine à l’UNESCO, une justice rendue à un peuple qui se bat pour la reconnaissance de son existence. Pour cela, Yanne Dimay s’est rendu en Palestine et a animé 2 ateliers d’écriture dans les universités de Cisjordanie et de Gaza. 80 étudiants ont participé à ce concours. Une sélection est ensuite effectuée par un jury prestigieux : Marie Nimier, Gilbert Sinoué et Atiq Rahimi. En 2010, trois textes ont été primés. Une nouvelle session a eu lieu en 2011, et trois nouveaux lauréats qui ont pu découvrir la France.

A Gaza, Ramallah, Hébron et Naplouse en dépit des check points et du blocus, la langue française devient un espace de liberté pour Dima, Khadija, Ahmed, Mariam, Walid, Amir et tous les étudiants en français des universités de Cisjordanie et Gaza.

Dans cette zone de conflits  »L’écriture est envisagée comme un territoire d’où on ne pourrait pas vous déloger, un territoire à la fois intime et partagé… » dit Marie Nimier.

Mon avis

Par ces 26 textes, dont les 6 lauréats, dont la grande qualité littéraire de beaucoup m’a surpris, j’ai acquis une vision extrêmement vivante de ce qu’est la Palestine d’aujourd’hui. A travers des textes simples et émouvants, d’autres plus durs, mais aussi plus poétiques, ces jeunes étudiants, qui ont mon âge, ont su m’émouvoir, me faire pleurer, réfléchir et souffrir avec eux. Quand on a connu la guerre, la misère, l’incertitude de l’avenir, comment peut-on écrire des textes si beaux ? Comment peut-on être si lucide sur l’avenir de son propre pays, à qui on ne reconnaît pas d’existence ?

J’ai découvert que pour beaucoup la langue française est un échappatoire, l’échappatoire de la culture, qui permet de mettre des mots sur les choses, de se laisser aller, d’évoquer ses douleurs, ses pertes. Mais aussi de mettre de la poésie dans sa vie, de montrer son bonheur malgré tout cela.

« Personne ne peut me soigner. Pourtant, je peux vous dire quel est mon remède. C’est la liberté !

Vous me connaissez ? Vous connaissez mon nom ? Je m’appelle Palestine. »

Ces phrases sont la fin du texte qui m’a le plus touché, une allégorie simple, un texte court, qui va droit au cœur.

Il m’est difficile de vous parler de tous ces textes, très différents, mais qui m’ont fait tomber les écailles des yeux et comprendre la situation « difficile » de ce peuple, sur ce sujet qui m’indigne à chaque fois que je l’évoque … Je sais que c’est une situation extrêmement complexe et pourtant pour moi la solution est simple : il y avait un peuple, sur sa terre. Pourquoi vouloir en mettre un autre à la place ?

Des textes à découvrir d’urgence.

‘Mais la paix ! La paix ne s’écrit pas seulement sur le papier, la paix se cultive comme les arbres ! Malheureusement, les Gazaouis attendent toujours. »

Amir Hassan.