L’auteur (1928-1980)

Né dans un village africain, il obtient une bourse d’étude et part en France en 1946 où il étudie à l’École centrale d’ingénierie automobile où il obtient un certificat de mécanicien. Il se met alors à travailler tout en continuant ses études, le soir, au Conservatoire national des arts et métiers, et au Collège technique de l’aéronautique et de construction automobile.

Il obtient le diplôme d’ingénieur en 1956, et part en Afrique, au Bénin puis au Ghana. Camara Laye est le premier ambassadeur au Ghana. Il occupe différents postes en dehors du Ghana avant de revenir à Conakry, où il travaille pour le Département des accords économiques avant d’être nommé directeur de l’Institut national de la recherche et de documentation. Après des déboires politiques, il est emprisonné pour une courte période puis, dans le milieu des années 1960, il s’enfuit avec sa famille en Côte d’Ivoire, avant de s’installer au Sénégal, où il travailla comme chercheur à l’Institut fondamental d’Afrique noire.

Devenu chercheur, il arpente les Etats africains de l’Ouest afin de recueillir les récits des griots, ces poètes et musiciens de l’Afrique, dont le résultat fut Le Maître de la parole, publié en 1978.

Le livre

L’Enfant noir, publié en France en 1953, a reçu le Prix de Charles Veillon de 1954. Il se situe en Haute-Guinée, dans les années 1930. Dans ce roman, Camara Laye dépeint avec nostalgie son enfance heureuse, ses parents, son éducation, le rituel de la circoncision qui est un élément important dans l’initiation à la culture malinke et la fin de sa jeunesse.

Mon avis

Au départ enthousiaste car j’aime énormèment les récits de la vie africaine au début du XXe siècle, j’ai vite déchanté à la lecture de ce roman autobiographique. Certes j’ai retrouvé l’ambiance des écrits d’Amadou Hampaté Bâ mais, clairement, le style est moins bon, plus épuré, on est moins emporté dans la vie de l’enfant africain. Cela s’explique peut-être par la différence de formation entre ces deux écrivains, l’une plus littéraire pour Amadou, plus technique pour Camara Laye. Mais j’ai vraiment eu l’impression de lire une version simplifiée de Amkoullel, l’enfant peul, un pur chef d’œuvre, d’autant qu’on est loin du talent de conteur d’Amadou Hampaté Bâ.

Dans tous les cas, j’ai trouvé ce récit un peu simpliste, comme s’il ne faisait qu’effleurer la vie à cette époque, qu’il ne nous y emmenait que d’une manière superficielle. Les épisodes racontés sont connus et archi-connus. Les chapitres se succèdent sans vraiment de liens apparents, comme des photographies prises au hasard, avec une chronologie assez lâche.

En réalité, j’y verrai plutôt un bon récit pour introduire l’ancienne culture africaine (qui n’existe plus ou de manière très sporadique) à des enfants, puisque celle-ci est vue par des yeux d’enfants.

Je conseille plutôt cet autre livre : Amkoullel l’enfant peul, d’Amadou Hampaté Bâ. A consommer sans modération !

Incursions

Les femmes :  » la coutume ressortit à une foncière indépendance, à une fierté innée ; on ne brime que celui qui veut bien se laisser brimer, et les femmes se laissent très peu brimer »

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Guinée : 13/80 !