(…) “ce qui constitue l’un des problèmes séculaires du roman : la mémoire limitée et défaillante du lecteur. Lire un roman, en effet, c’est toujours plus ou moins le « dévorer », c’est-à-dire, qu’on le veuille ou non, oublier ce qu’on lit à mesure qu’on le lit, négliger le détail des phrases, des scènes et des pensées, si frappantes qu’elles nous paraissent sur le coup, pour n’en retenir qu’un pâle résumé permettant la poursuite de notre lecture. De sorte que, malgré la meilleure volonté du monde, nous sommes fatalement des lecteurs myopes et distraits.”

François Ricard dans sa postface de L’ignorance de Kundera

D’une certaine façon, je suis d’accord et pas d’accord avec cette phrase. Il est vrai que, surtout lorsque l’on est un « gros lecteur », on ne peut pas se souvenir de tous les livres que nous avons lu. Il est aussi vrai que certains nous marquent plus que d’autres. Et pourtant, quelques années après, il arrive qu’ils se retrouvent dans la même brume dans notre mémoire.

D’un côté c’est un peu dommage car on pourrait tirer bien plus parfois de ces lectures. En même temps, c’est souvent le cas dans la vie, on retient des bribes et à la fin, c’est notre héritage culturel qu’il faut accepter tel qu’il est, avec ses lacunes … restons positif ! 🙂