Grâce à ma pote George, j’ai pu visionner hier l’adaptation cinématographique de ce petit récit épistolaire découvert l’année dernière, et qui avait été un coup de cœur :

84 Charing Cross Road, par Helene Hanff

Le livre

Série de lettres échangées entre une écrivain américaine excentrique très exigeante en matière de livres, et un libraire londonien de l’établissement Marks and Co, spécialisé dans les livres rares et anciens. Leur correspondance a duré plus de 20 ans, avant de s’arrêter à la mort de Frank Doël, le libraire. C’est un best-seller mondial.

Le film

Réalisé en 1987 par David Hugh Jones, les rôles sont incarnés par Anthony Hopkins (Frank Doël) et Anne Bancroft (Helene Hanff). En plus du récit original, le scénariste a également utilisé des éléments de la suite de ce livre, La Duchesse de Bloomsbury Street dans laquelle Helene Hanff raconte son voyage à Londres, pour la première fois de sa vie.

Ce que j’en ai pensé

J’avais adoré ce roman épistolaire, grâce à l’humour d’Helene Hanff qui s’oppose au calme et à l’attitude très professionnelle, très british de Frank. C’est aussi une plongée dans un univers livresque que je ne connais pas, puisque Helene a le chic pour demander des ouvrages très confidentiels, des versions très précises.

Au-delà de leurs discussions autour des livres, se dessine également la situation de l’Angleterre au sortir de la guerre : Helene se rend compte que les Anglais sont fortement rationnés, surtout en ce qui concerne la viande, et s’en donnera à cœur joie en envoyant régulièrement des paquets de nourriture à la librairie.

Le film rend très bien toute cette atmosphère, à travers la réminiscence d’Helene au moment de son voyage à Londres et  de la découverte de cette librairie, désormais abandonnée. Petit à petit, leur relation est reconstruite, des premières lettres professionnelles jusqu’à une technique intéressante de deux personnages s’adressant directement à la caméra, comme s’ils étaient face à face, ce qui souligne la proximité de ces deux êtres au soir de leur correspondance.

Le jeu des acteurs est très bon, parfaits chacun à leur manière et incarnant leur personnage avec une grande justesse. Décidément, j’ai trouvé qu’Hopkins, comme dans Les Vestiges du Jour, est vraiment le type même de l’Anglais british tel qu’on l’imagine dans les années 50, plein de flegme, de retenue et d’humour.

Il me semble pourtant que pour réellement apprécié ce film, il faut avoir découvert le livre auparavant et se laisser entraîner dans la prose d’Helene. L’adaptation est très lente, très posée, nous laissant découvrir le quotidien des deux personnages, par petites touches, et par extension, leurs deux pays. Il complète donc tout de même très bien le roman.

Un seul conseil pour finir : A lire et éventuellement, à voir !