Je remercie chaleureusement Sabine Wespieser pour l’envoi de ce livre très riche.

Mon avis

J’ai découvert Fiona Kidman par son premier roman publié chez Sabine Wespieser, Rescapée, qui racontait l’histoire d’une jeune fille après un naufrage, se retrouvant prisonnière d’une tribu maori. Pour moi, ce livre représente la découverte de la littérature néo-zélandaise, à travers une de ses représentantes les plus reconnues. En décortiquant la société de l’intérieur et en établissant un parallèle avec les traditions maories, Fiona Kidman nous introduit dans son monde, cette région si éloignée de tout ce qu’on connaît. Et pourtant, j’avais été surprise par la grande similarité de mœurs et de comportement entre la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Angleterre : des nations aux codes sociaux rigides, très traditionnels, et très britanniques !

Dans cette série de nouvelles, organisées autour d’un triptyque de nouvelles qui suit l’histoire d’une famille sur plusieurs générations, j’ai approfondi mes connaissances sur la Nouvelle-Zélande et sur la vie qu’on peut mener, principalement la vie rurale.

Mais finalement ce n’est pas l’objectif central de Fiona Kidman. La Nouvelle-Zélande n’est pour elle qu’un support puisque c’est son quotidien. Ce qu’elle s’attache à montrer et à décrire ce sont les gens et les histoires universelles dans lesquels ils sont embarqués : mariages, tromperies, morts mystérieuses, … Dans une belle tradition anglo-saxonne, elle excelle dans l’évocation du quotidien, des sentiments et des psychologies de chacun des personnages qu’elle met en scène. Même si, à part les nouvelles centrales, les autres n’ont pas de rapport entre elles, en refermant le livre j’ai eu l’impression que l’auteur avait tracé un large panorama de la société néo-zélandais contemporaine, parfois avec humour, souvent avec gravité et douleur.

Le seul regret que je peux avoir, mais c’est parce que j’ai lu ces nouvelles d’un point de vue très européen, c’est de voir le peu de places que Fiona Kidman a consacré aux autochtones, les maoris. On ne les aperçoit qu’à une ou deux reprises, et à part dans la dernière nouvelle, ils n’occupent pas de place centrale. J’aurai pourtant voulu en savoir un peu plus sur la cohabitation entre les deux sociétés, et finalement, on perçoit simplement qu’ils représentent la tranche la plus pauvre de la population, et qu’ils ne semblent pas participer à la vie citoyenne du pays. Ces nouvelles seraient donc à compléter par la lecture d’un autre auteur peut-être, qui écrirait du point de vue des autochtones, par exemple le roman de Witi Ihimaera s’intitulant Paï ou celui de l’écrivain Alan Duff, L’âme des guerriers, roman culte sur la déchéance maorie, qui connut un succès mondial à sa parution en 1990 et fut adapté au cinéma en 1994 par Lee Tamahori.

Cependant, grâce à un style aisé et fluide, Fiona Kidman s’impose comme étant une écrivaine de qualité, affirmée et qui nous offre de beaux instants de littérature.

Quelques mots sur l’auteur

Fiona Kidman a grandi dans l’île du nord de la Nouvelle-Zélande et a commencé une carrière de bibliothécaire à Rotorua, à la fin de ses études. Puis elle a été journaliste, productrice pour la radio, auteur de scénario pour le cinéma et la télévision. Elle se consacre désormais à son métier d’écrivain tout en donnant des cours d’écriture. Elle a publié plus de vingt livres, essentiellement des romans et des nouvelles, récompensés par de nombreux prix et compte dans son pays comme un auteur de premier plan.

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Nouvelle Zélande !