Récit traduit du japonais par Yutaka Makino – Actes Sud.

Mes remerciements à MimiPinson de Babelio, qui m’a offert ce beau livre au pique-nique en septembre 2011 !

Mon avis

Un homme étrange s’engage au sein d’une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Or, tout au fond de la vallée désignée, se dessinent les contours d’un hameau, inconnu et resté isolé de la civilisation depuis des dizaines d’années. Pourtant, les plans ne seront pas remis en question et le village est destiné à être englouti.

« Au fond de la vallée, deux mondes s’étaient constitués. Sans s’influencer l’un l’autre, à l’intérieur d’une frontière abstraite, ils semblaient mener chacun sa vie de manière indépendante. »

C’est un petit roman étrange et poétique que j’ai découvert ici. Très vite, l’écho se fait entre le destin du narrateur, cet ouvrier au sombre passé, et la petite communauté de villageois qui supporte sans broncher les envahisseurs et la destruction de leur territoire.

Mises en scène par de splendides descriptions, les montagnes semblent être un personnage à part entière, tour à tour menaçantes et accueillantes. Des paysages qui contrastent avec la violence des hommes de la ville, par leur comportement et leurs mœurs.

J’ai été littéralement envoûtée par l’atmosphère de ce texte, qui m’a transportée au cœur de ce hameau à travers les yeux de l’ouvrier. Un texte qui nous fait voir l’ampleur du gouffre entre la ville et la campagne, mais pas n’importe laquelle : une campagne pure, qui semble dénuée de vices, des notions de pauvreté ou de crimes. Le culte des ancêtres, le rapport à la nature y occupent une place centrale.Un texte qui nous réconcilie pourtant avec les hommes, et nous laisse le cœur en paix.

Un roman à découvrir …

Quelques mots sur l’auteur

Akira Yoshimura (1927-2006) a laissé une œuvre considérable, inspirée de vieilles légendes, de faits divers ou de l’histoire récente, qui a marqué de son empreinte la période de l’après-guerre au Japon.

***

Lettre Y !