La semaine dernière, j’ai eu la chance de pouvoir assister au Congrès de l’Association des Bibliothécaires de France, association à laquelle j’ai adhéré l’an passé. Ce n’est pas parce que je ne suis pas encore bibliothécaire que je ne peux pas agir et m’impliquer dans le monde professionnel auquel je me destine ! 

C’est pour cette raison par ailleurs que je fais partie du nouveau groupe de l’ABF, intitulé Legothèque, qui réfléchit autour de la construction de soi et des préjugés en bibliothèque. En bref, nous publions sur notre blog des chroniques de livres traitant de ces thèmes, des compte rendus de journées d’étude. Prochainement, nous mettrons en place une journée d’étude rien qu’à nous sur ces sujets. D’autres projets sont en cours et je me trouve chanceuse de pouvoir apporter pour aide et mon énergie à ce groupe dynamique !

Nous avons d’ailleurs profité du congrès pour présenter notre groupe, qui a été chaleureusement accueilli. Le congrès annuel de l’ABF est en effet un rendez-vous incontournable pour tout bibliothécaire investi dans son travail. C’est l’occasion d’y rencontrer des collègues, d’échanger des pratiques, de discuter.

Cette année, le Congrès a eu lieu Montreuil, et son thème était « La bibliothèque, une affaire publique. ». Ce fut un Congrès très riche. J’ai pu ainsi assister à une session sur l’intercommunalité et les bibliothèques, ou encore sur l‘IABD, l’Interassociation Archives Bibliothèques Documentation. C’est d’ailleurs au cours de cette dernière session que j’ai pu constater les dissensions qui peuvent exister entre les membres de l’association. Les discussions ont tourné principalement autour du rôle de lobby que prend l’IABD auprès de la Commission européenne, pour faire entendre la voix des bibliothèques, trop souvent oubliées.

J’ai pu ainsi apprendre que le PDG d’Hachette considérait qu’il n’y avait pas de raison d’avoir des livres numériques en bibliothèque. En effet, c’est bien connu, les bibliothèques ne prêtent des documents qu’aux pauvres, qui n’ont pas les moyens de se payer une liseuse ou une tablette. Alors pourquoi mettrait-on des livres numériques à leur disposition ? Bien évidemment Monsieur Hachette, il me semblait que ce n’était pas à vous qu’on devrait apprendre que le rôle de l’éditeur est de diffuser la culture pour tous, et non pas à une seule catégorie de nantis … Heureusement que des éditeurs comme Sabine Wespieser l’ont compris. Par ailleurs, j’emprunte ses livres à la bibliothèque, ce qui ne m’empêche pas non plus d’en acheter à côté. Bref, je m’égare.

Lors de cette conférence, se sont opposés les tenants à l’action rapide et énergique pour qui le lobby doit se faire immédiatement, malgré le manque de moyens financiers et humains; et les tenants de la « démocratie » qui demandaient d’attendre l’AG d’octobre

D’où la question que j’ai posée, et qui m’a valu quelques applaudissements, à mon plus grand bonheur (humm ..). Car si l’on manque de personnel et d’argent dans des associations comme l’ABF, il faudra m’expliquer pourquoi il existe aussi une Association des Directeurs de BU, une Association des Directeurs de Grandes Villes et tant d’autres, des associations héritières de l’éclatement de l’ABF dans les années 1970.

Or, quand un métier est attaqué, quand on met à mal nos valeurs, ne vaudrait-il mieux pas s’allier ? N’est-ce pas le moment de la cohésion ? de la cohérence ? 

Ce Congrès a donc suscité beaucoup d’interrogations en moi. L’avenir des associations professionnelles questionne l’avenir des bibliothèques elles-même. Et quand on voit la difficulté pour les bibliothécaires de se faire entendre dans le monde du livre, alors qu’elles ont pourtant une grande légitimité à s’y exprimer, cela ne manque pas de m’inquiéter. Mais cela montre qu’il y a du travail, et le Congrès m’a cependant conforté dans l’idée que j’avais ma place dans ce monde, même s’il me reste du chemin à parcourir …

Vivement le Congrès 2013 à Lyon ! (et d’ici là, je serai peut-être bibliothécaire, qui sait … )