T4 des Annales du Disque-Monde

« On l’aime quand même, sa mère et moi. On s’habitue au monde. 

– Ce serait pour son bien, tu sais. On en ferait un homme. 

– Ah. Bon. c’est vrai qu’y a d’quoi faire. »

Voici comment débute ce désopilant 4e tome des Annales du Disque-Monde, par le génial Terry Pratchett. Bon d’accord, j’ai déjà dit beaucoup dans cette phrase. J’avais adoré la découverte de ce monde dans la trilogie de départ, et j’ai attendu un peu avant d’attaquer celui-ci, acheté par hasard.

Dans ce tome, Pratchett passe du magicien raté Rincevent à un autre personnage clé de son œuvre : la Mort. Cette dernière, fatiguée, décide de prendre un apprenti pour l’aider dans sa tâche sur le disque. Et comme par hasard, ça tombe sur Mortimer, ou Morty pour les intimes (tout le monde …).

« Morty appartenait à cette race d’individus plus dangereux qu’un sac d’aspics. Il tenait résolument à découvrir la logique caché de l’univers. Ce qui allait être difficile parce que, de logique, il n’y aven avait pas. Le Créateur avait eu des tas d’idées excellentes lorsqu’il avait bâti le monde, mais le rendre compréhensible n’avait pas fait partie du lot. »

Morty, qualifié pourtant de bon à rien, trop rêveur, va se révéler très assidu dans son travail. Trop même. Car un jour il décide d’écouter son cœur plutôt que sa « conscience professionnelle » et sauve une princesse destinée à la mort. Sauf qu’on ne modifie pas impunément l’Histoire. Et tandis que la Mort profite de ses vacances pour « vivre » et apprendre à « être heureuse », le monde, lui, est au bord du gouffre …

Je me demande comment un auteur peut avoir autant d’imagination, autant d’humour, et comment il peut réussir un tel concentré de génie en des romans si courts. Exemple de son style narratif :

« Ah oui fit la Mort

(il s’agit là d’un procédé de cinéma adapté au livre. La Mort ne parle pas à la princesse . Il se trouve en réalité dans son cabinet et s’adresse à son apprenti. mais c’est plutôt efficace, non ? On doit appeler ça un fondu rapide ou un zoom inversé. Ou autre chose. On peut s’attendre à tout d’une industrie où tout le monde s’appelle « Coco ».)

Le résultat étant qu’à chaque phrase, je m’arrête, je hausse un sourcil et j’éclate de rire !

Que dire d’autre ? rien sinon vous laisser sur cette dernière citation, et espérer que vous allez vous précipiter sur un, ou plusieurs, de ces chefs-d’œuvre !

« Il peut arriver des choses aux fouineurs de bibliothèques magiques auprès desquelles se faire arracher la figure par des monstruosités tentaculaires passe pour un banal massage léger. »

Qu’on se le tienne pour dit.

(Du même auteur, je vous invite à découvrir une trilogie qui ne fait pas partie des Annales du Disque-Monde, mais qui fut un grand coup de cœur de l’année : Le Grand Livre des Gnomes)