« Le meilleur des jours », c’est ce que signifie le nom de Behrouz, en persan, père de la narratrice, qui, pour atténuer la tristesse de sa mort, raconte le parcours de cet homme hors normes, en en faisant le héros de son premier roman.

Entre son père, qui « était parfaitement dénué du désir de dépasser les limites étriquées de son enveloppe charnelle et de l’étendre au monde matériel. C’est pourquoi il ne s’était enraciné nulle part et avait passé sa vie à abandonner sans regret un endroit pour un autre. » et une mère dont le « coeur était une mer étale, que la houle d’aucune passion ne troublerait jamais. »

Pourtant, au sein de cette famille, la figure du père ressort : d’origine iranienne, enfant désiré et prématuré, couvé, éternel étudiant, il finit par abandonner sa thèse sur Karl Marx (« Karl Marx et mon père avaient un point commun : ils ne travaillèrent jamais pour gagner leur vie. « Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas, affirmait mon père. »), il rentre au pays et retrouve avec son amour de jeunesse. Il a marqué l’esprit de sa fille par ses blagues, son humour, ses opinions, son idéalisme et sa conscience politique fine et presque prémonitoire.

Le roman est intéressant pour cette figure centrale, nous offrant un portrait nuancé, ainsi que pour l’éclairage qu’il donne sur la situation iranienne dès années 70 à nos jours. S’il est un peu court, l’écriture est agréable, et le récit mené d’une manière à accrocher l’attention du lecteur.

Une lecture sympathique.

 

2 / 7