Au départ était une bûche. Une bûche malicieuse. Donnée par un bûcheron à l’artisan Gepetto, ce dernier décide d’en faire un pantin de bois. Mais bientôt sa créature lui échappe et se révèle être un mauvais garnement sans respect pour personne, pas même pour son père / créateur. Très vite il décide (et il le répétera régulièrement) qu’il n’est « pas né pour travailler. »

Nous suivons alors les traces des méfaits et bêtises de Pinocchio, régulièrement puni de sa sottise, malgré de bonnes intentions parfois. On le voit suivre tous ses mauvais penchants et s’embarquer dans des aventures étranges (un peu lassantes au bout du compte). Transformé en âne puis croqué par un requin, il perd la confiance de ceux qu’il aime, comme la fée ou Gepetto : « les enfants paresseux qui, prenant en grippe les livres, l’école et les maîtres, passent leurs journées à ne rien faire, à jouer et à s’amuser, finissent tôt ou tard par se transformer en petits ânes ». La morale est en effet un peu lourde parfois …

Au final, si Pinocchio est l’archétype de l’enfant désobéissant et paresseux, sans éducation, on découvre petit à petit qu’il a tout de même un bon fond, et peut même se montrer très courageux parfois. 

Ce Pinochhio de Collodi est le type même du livre jeunesse du 19e siècle. Ecrit non pas pour divertir, mais surtout pour instruire : « Malheur à ces enfants qui se rebellent contre leurs parents et qui par caprice, abandonnent la maison paternelle ». J’ai peu d’affinités pour ce genre d’ouvrage mais il était cependant intéressant de découvrir cette histoire, désormais un classique grâce au chef d’oeuvre de Walt Disney. Chef d’oeuvre dont je vais vous parler dès à présent, en regard de ma lecture.

Après avoir donc revisionné l’adaptation de Walt Disney, quelques mots supplémentaires : le film est plus soft, Pinocchio nous est plus sympathique. S’il reste aussi désobéissant, les punitions sont moins sévères (il n’a que des oreilles d’âne alors que dans le film il se transforme en entier). Disney a rajouté une touche plus poétique avec les chansons, et plus drôle avec le personnage de Jiminy Crickett, qui apparaît très peu dans le roman.

Globalement, Disney en a fait un film de notre temps, alors que l’ouvrage de Collodi est très marqué 19e siècle. 

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