Il y a deux ans (déjà !), j’ai effectué un stage dans les bibliothèques publiques du Derbyshire, en Angleterre. Dans ce cadre, j’ai eu la chance de participer au Congrès annuel des bibliothécaires jeunesse anglais. Or, à la différence de la France, ce Congrès est l’occasion pour les éditeurs de faire la promotion de leurs nouveaux ouvrages. Il y avait donc toute un salon d’exposition, avec des épreuves de livres. Et l’on pouvait prendre ceux qu’on voulait. Vous vous doutez bien que je ne me suis pas gênée. Je dois en avoir pris une vingtaine (quand même, je prenais l’avion au retour …).

Deux ans plus tard, il m’en restait beaucoup à lire. Et je retournais justement cet été en Angleterre. Je me suis donc dit que c’était l’occasion de les attaquer ! Et je suis assez contente de moi car j’en ai lu 3 (en 10 jours), plus quelques-uns que j’ai emprunté directement là-bas, et qui m’ont permis de clôturer aisément mon propre challenge en VO ! Bref, après cette longue introduction, je vais vous parler rapidement de trois de ces livres.

The sandfatherLinda Newbery

The SandFather, c’est l’histoire d’un jeune garçon, Hal, qui est légèrement métissé mais dont la mère est blanche. Il postule que son père est noir, mais il ne l’a pas connu. Quand il atteint ses dix ans, cette question le tourmente de plus en plus. Alors qu’il a des problèmes à l’école, il finit par être renvoyé et doit passer une semaine chez une tante lointaine qu’il ne connaît pas. L’occasion de soulever des secrets bien enfouis, surtout que la maison est celle où sa mère a passé son enfance. Il se construit un père idéal, qu’il dessine dans le sable, et espère voir apparaître d’un moment à l’autre. Mais ce qu’il va trouver dépasse ses espérances.

C’était un petit roman sympathique mais sans plus. La révélation finale est un peu décevante. Rien de bien original, même si cela peut parler à des enfants au moment où ils grandissent et où les problèmes d’identité se posent.

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The Clockwork Three / Matthew Kirby

Dans un New York du 19e siècle, vaguement magique, The Clockwork Three retrace les aventures et la rencontre de trois adolescents, aux situations bien différentes mais qui vont devenir amis. L’un est un petit Italien exploité par un patrone impitoyable qui pousse de jeunes garçons à mendier. Celui-ci trouve un jour un merveilleux violon vert qui le laisse espérer échapper un jour à son triste destin et rentrer en Italie. Frederic est apprenti horloger, et très précoce. Orphelin, il est ambitieux et veut ouvrir sa propre boutique pour être indépendant. Mais il va inventer quelque chose qui le dépasse. Enfin Hannah trime dur pour faire vivre sa famille, alors que son père a été victime d’une attaque et ne peut plus travailler. Elle entend parler un jour d’un fabuleux trésor, avec lequel elle espère pouvoir payer les médicaments pour son père …

Les destins des trois enfants vont se mêler et ils décident de s’entraider pour réaliser leurs rêves réciproques. C’est une très belle histoire d’amitié, d’amour, avec de merveilleuses descriptions du pouvoir de ces valeurs, ainsi que de la musique. Une aventure classique, mais qui a son charme et doit plaire aux adolescents car elle se dévore.

« A sense of wonder, a dose of fantasy, a perfect classic adventure. »

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The Crossing of Ingo / Helen Dunmore (2008)

Alors celui-ci, je l’ai mérité ! Car j’ai subi 9h30 de voiture avec 3 jeunes Anglais qui fort heureusement aiment les histoires, et se sont laissés bercer par celle-ci. Et j’avoue que je me suis aussi laissée prendre à cet audio book, admirablement bien raconté.

C’est le quatrième tome de la célèbre (en Angleterre) tétralogie d’Helen Dunmore, qui met en scène le royaume marin mystérieux d’Ingo. Deux adolescents humains y ont pénétrés, à la recherche de leur père, et y ont vécu plein d’aventures ! Dans ce dernier tome, Conor et Sapphira décident d’accomplir la traversée d’Ingo, ce que font tous les jeunes Mer (les habitants d’Ingo), afin de prouver que des humains en sont capables et que ces derniers peuvent vivre en parfaite harmonie avec les Mer.

Commence alors une grande aventure maritime, en suivant les courants, et peuplée de créatures sympathiques, les dauphins, ou effrayantes, Nanook, l’ours affamé.

Au-delà d’une bonne aventure, quoique un peu trop longue à mon goût, et racontée par Sapphira à qui j’avais envie de donner des baffes parfois; c’est aussi un roman écologiste, qui met en garde contre les dangers que courent les mers et océans, très fragiles. On y rencontre des sacs plastiques, des baleiniers, etc. Le message est cependant très fin, et j’ai pu constater qu’il passait très bien auprès des enfants. Un livre à conseiller, pour cette partie (même s’il n’a pas été traduit en français …).

 

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