Comme j’ai eu du temps dernièrement, j’ai senti une sorte de mauvaise conscience vis-à-vis d’un certain nombre d’auteurs qui m’ont envoyé leurs œuvres il y a plus ou moins longtemps et que j’ai délaissé … durant des mois … J’ai donc pu me rattraper dans mes lectures, je n’ai (presque) plus de retard. Mais il reste encore les chroniques.

Surtout que dans le cas de J.P. Touzeau ce n’est pas l’envie d’écrire qui m’a manqué mais bien cette manie pour moi d’oublier de chroniquer les livres que j’ai reçu en version numérique. Comprenez que les livres papiers me regardent méchamment quand ça fait plus de 15 jours qu’ils patientent dans ma pile de chroniques à faire … Mais les livres numériques sont bien cachés et je ne leur laisse pas l’occasion de se plaindre !

Bref, me voici donc pour la chronique de cette seconde nouvelle de Mr Touzeau, après sa très bonne première : Le dernier des optimistes.

Le narrateur est dans le coma après un accident de voiture avec un ami qui conduisait. Contrairement à ce que peuvent penser les infirmières il entend tout ce qui se passe dans la salle, et en particulier les récits et misères de ces dernières.

Revenant sur sa vie, il se rend compte que la sienne a été gâchée « Je ne veux pas partir. Pas encore. Donnez-moi une chance, une petite chance. Je promets d’être meilleur, d’être plus gentil, de faire attention, d’être plus prudent  » Mais « Rien n’est important. Je prends conscience, en ce moment, de toute la futilité de ma vie. Elle n’a servi à rien, à personne. »

Il va alors prendre la décision de sauver les vies de ses infirmières, en leur faisant prendre conscience des choix qu’elles doivent faire (d’une manière un peu trop pathétique à mon goût cependant) immédiatement afin de ne pas finir comme lui.

En quelques pages, avec une légère touche de surnaturel et d’humour, évitant une ambiance morbide plombante, Jean-Philippe Touzeau ouvre la grave question du bilan de la vie, au moment où il est trop tard pour les regrets. Avec une clairvoyance étonnante, le narrateur semble pénétré du savoir suprême, celui qui n’est qu’accessible que quand on a plus rien à comprendre, à chercher.

« Quand vous comprenez que tout est passager, que rien ne dure, vous savourez beaucoup plus les moments riches et furtifs d’une vie qui s’écoule. Et en même temps, vous appréciez les marques du temps qui passe, comme par exemple, de la mousse bien verte sur une vieille pierre. »

Enfin, une touche de poésie n’enlève rien à un beau final …

En bref, une petite nouvelle de belle qualité, que je vous invite à découvrir rapidement !