Cet article n’a pas d’objectif autre que de continuer une réflexion qui m’ait venue dernièrement, alors que j’ai passé beaucoup de temps chez moi. Il n’a rien de scientifique. C’est simplement empirique. Vous allez comprendre.

La musique m’accompagne partout. Quand je suis à la maison, je ne supporte pas le silence, sauf quand je lis. Il est donc rare que musique et littérature soient associées. Par contre, dans le métro, quoi de mieux que des écouteurs pour s’isoler des bruits extérieurs, choisir sa thématique, et se laisser porter à la fois par la lecture, et la musique ?

C’est donc en de nombreuses occasions que j’ai découvert qu‘il n’était pas possible d’écouter certaines musiques en lisant certains livres. La plupart du temps, au début, je mettais mon album de musique classique car la moins agressive et elle me permettait de rester concentrée sur mon livre. Et puis parfois, j’oubliais et le mode Random de mon mp3 tournait au petit bonheur la chance.
A plusieurs reprises, j’ai pu constater que la musique s’accordait à la perfection avec le passage que je lisais, et mon expérience de lecture physique s’en trouvait décuplée, elle était plus puissante, j’ai plus concentrée, plus dans le mouvement du roman. Les deux œuvres d’art ne font plus qu’une, et si elles sont bien choisies, elles se complètent.

Cette intuition – qui peut vous sembler une évidence – s’est confirmée après ma lecture de La Horde du Contrevent, d’Alain Damasio. En cherchant des détails pour écrire mon article, j’ai découvert qu’avec la version brochée, était fourni un CD censé accompagné la lecture. Je l’ai écouté a posteriori, me remémorant les passages qui devait s’allier aux morceaux musicaux. Et c’était magique.

Alors, comme j’ai eu du temps, j’ai fait des tests. Quoi de mieux pour un roman d’aventure que d’écouter la bande son de Pirates des Caraïbes ? Quoi de mieux pour lire Proust qu’une petite fugue de Bach (ou la Sonate de Vinteuil …)? Quoi de mieux pour lire un roman léger et gai que Les Quatre Saisons de Vivaldi ? Quoi de mieux qu’écouter Le Lac des Cygnes pour une histoire d’amour frustrée et puissante ? Les exemples sont innombrables. Et personnels. Nous avons tous une manière différente de percevoir la littérature, j’imagine que c’est la même chose que la musique (dites-moi si je me trompe !).

Pourtant je trouve que nous laissons trop de côté la musique ici. Peu d’écrivains envisagent une bande-son pour leur livre – je n’en connais en fait que deux, Alain Damasio et J. Heska (pour ce dernier, c’est en écoutant les musiques qu’il nous conseillait que j’ai compris comment il se représentait son roman).

Alors certes, après cette dernière réflexion, je vous vois venir : oui mais la musique enlève une partie de la liberté du lecteur, qui est de faire ce qu’il veut du texte. Elle crée une ambiance qui influence notre manière de lire. Je vous l’accorde. La musique influence la lecture, c’est à la fois une richesse et une faiblesse. Pour moi, l’expérience doit pourtant être conduite (et c’est, en partie, mon idée d’un livre augmenté … pas forcément numérique …)

Une musique qui permettrait un chef d’œuvre total, une complétude. La musique joue sur les émotions, que l’on lise ou que l’on écrive, elle les exacerbe. Le texte ne se suffit-il pas à lui même alors ? ou la lecture musicale serait une activité complètement différente ?

Je vous laisse sur ces questions insolubles en ce jour, alors qu’il est pratiquement minuit ..

PS : désolée pour ce monologue mais j’avais besoin d’un article pour mettre à plat cette idée … à vos commentaires maintenant !